Décharge de Mellery

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Localisation de la décharge de Mellery

Sommaire

[modifier] Les origines

En 1980, Mr Herremans pour la société "Les Sablières réunis" reçoit un permis d'exploitation d'une sablière de 25 ha à Mellery. En 1981, il est autorisé à reboucher les trous avec des déchets industriels non-toxiques. A partir de 1982, ils commencent à exploiter cette sablière comme décharge pour des produits polluants venant des Pays-Bas et de l'Allemagne. En quelques années, c'est près de 1.000.000 de m³ de déchets qui sont enfouis ([1]).

A partir de 1988, des signes visibles de pollutions olfactive et visuelle apparaissent. La société Cockerill-Sambre fait une demande d'exploitation d'une décharge au près de l'administration wallonne. Au niveau de l'entité, les habitants s'organisent et créent une association de fait, le CADEV (Comité d'Action pour l'Environnement à Villers-la-Ville) ([2]) pour dénoncer la dégradation de l'environnement de la commune. Une pétition lancée par le CADEV, recueille 1 400 signatures contre le projet de Cockerill. Un journaliste, Philippe Somville, s'empare du sujet et vient photographier de nuit les camions. Un juge d’instruction anversois (puisque la filière vient des Pays-Bas) commence son enquête.

[modifier] L'affaire

Le 25 août 1988, la société Cockerill rentre une demande de permis d'exploiter une décharge à Gentissart pour des produits dangereux mais non toxiques. L'entreprise sidérurgique avait obtenu de la société Transports et Sablières Herremans (Mellery) l'autorisation de combler et de réhabiliter complètement le site. Le 19 septembre, la demande est transmise au collège échevinal qui diffuse une enquête commodo et incommodo. Lors des séances d'information, tout n'est pas dévoilé et l'entreprise semble demander un grand nombre de dérogations aux règlements en vigueurs sur les décharges.

En juin 1989, Guy Lutgen, alors ministre de l'Environnement pour la Région wallonne, demande une fermeture provisoire de la décharge toujours exploitée par "les Sablières réunies" aux fins d'analyses. Les premières analyses (nappe phréatique) ne donnent pas des résultats alarmants mais des taux anormaux de cadmium, plomb, mercure et lindane sont découverts dans les eaux d'écoulement de la décharge.

Suite à une action en référé des habitants, le tribunal de Nivelles contraint Cockerill à arrêter les versages. Une astreinte de 500.000 Fb (12.500 €) pourrait être exigée en cas de versage illégal. Cockerill ne peut produire d'autorisation de l'administration et argue de la dangerosité mais non de la toxicité des déchets (scories).

Le 3 octobre 1989, les scellés sont mis sur la décharge. La décharge est fermée à titre conservatoire. Petit à petit, l'affaire prend de l'ampleur: on découvre que le ministre de l'Environnement avait déjà fait dresser des Pro Justitia en 1987 pour déversement illégal. La filière "hollandaise" est dévoilée. Les premiers scellés sont déclarés illégaux mais la Cour d'Appel de Bruxelles confirme l'ordonnance de Nivelles. Pendant toute l'année 1989, l'affaire de la décharge de Mellery défraye la chronique juridique des grands quotidiens nationaux.

Analyses et contre-analyses, décisions juridiques cassées et puis reprises. La décision de fermer est finalement prise parf la députation permanente. L'affaire ne s'arrête pas encore pour autant: la réhabilitation du site ne met pas directement tout le monde d'accord.

[modifier] La réhabilitation du site

Finalement, la SPAQuE ( Société Publique d’Aide à la Qualité de l’Environnement, filiale de la SRIW - Société régionale d'investissement de Wallonie - afin de prendre en charge la réhabilitation de décharges) prend en charge le dossier de réhabilitation en 1991.

Elle va mettre en place un système d'extraction du gaz, de purification et d'exploitation de ce gaz. Une station d'épuration est mise en place ne 2002. La réhabilitation et le suivi ont un coût de 27.000.000 €.

Aujourd'hui, le site est sous contrôle mais les habitants restent vigilants.

[modifier] Notes

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