Histoire de Villers-la-Ville

De Wiki Villers-la-Ville.

Jusqu'à la fin de l’ancien régime, Villers-la-Ville fit partie intégrante de la seigneurie de Marbais du comté de Namur.

Sous le régime français, elle constitua une municipalité qui fut d'abord annexée au Canton de Villeroux, puis de Mellery et enfin de Genappe dans le département de la Dyle.

Après la défaite de Napoléon en 1815, le Congrès de Vienne décida de réunir la Belgique au royaume des Pays-Bas et Villers fut incorporée à la province du Brabant méridional.

A la révolution belge de 1830 le pays fut partagé en neuf circonscriptions provinciales. Villers fit partie de la province du Brabant, de l'arrondissement de Nivelles et du canton de Genappe.

La Commune de Villers-la-Ville naquit, quant à elle, sous la République française de la réunion de deux territoires politiquement différents :

  1. Villers-la-Ville, dépendance de Marbais au comté de Namur,
  2. Hollers, terre du Brabant, au statut juridique très particulier.


Sommaire

[modifier] Villers-la-Ville

[modifier] Villers des origines

A l'origine, Villers est un alleu[1] dépendant des seigneurs de Marbais, eux-même vassaux du Comte de Namur. Le territoire du alleu s'étendait de Chevlipont au nord à Marbais au sud, des deux côtés de la Thyle jusqu'à Baisy à l'ouest et Mellery à l'est, englobant le territoire de la future abbaye.

Baisy, Mellery mais aussi Sombreffe, Thil (dans Sart-Dames-Avelines), Ways et Gentinne sont des domaines dépendant des comtes de Louvain. Villers est donc un coin du comté de Namur enfoncé dans le domaine des comtes de Louvain, ce qui entraînera pas mal de vicissitudes pour le petit alleu.

Le alleu avait une superficie de 400 bonniers (environ 560 hectares) de bois, taillis et quelques prairies naturelles le long de la Thyle. Des défrichements vont avoir lieu qui permettront l'installation de deux censes (fermes): celle du Grand-Trois-Mez[2] et celle des Trois-Petits-Mez (près de la jonction entre Sart-Dames-Avelines, Baisy-Thy et Villers)[3]. Des défrichages ultérieurs, aux XIème et XIIème siècles, donneront naissance à un troisième "centre agricole", la Boverie près des sources du Ri Goddiarch. Comme son nom l'indique (Boverie, boeufs, bovidés), celui-ci était sans doute une ferme centrée sur l'élevage. Un dernier centre agricole voit le jour vers le milieu du XIIème siècle: la cense de Fortbeausart au sud-est de la terre de Hollers. Les manants qui travaillent dans ces fermes vivent dans ce qui deviendra le village de Villers, sur la rive droite de la Thyle, à Hollers.

[modifier] XIIème siècle : naissance de l'abbaye et conflits féodaux

voir aussi l'article détaillé sur l'Histoire de l'abbaye

En 1146, Gauthier Ier, seigneur de Marbais, offre le nord de son alleu de Villers aux moines de Clairvaux. Ceux-ci viennent s'installer vers le mois de juin de la même année au lieu-dit la Boverie. Un an après, les moines sont prêts à repartir car la source se tarit et la terre est trop aride. Saint Bernard les harangue à se maintenir là. Ils se déplacent un peu en aval de leur premier établissement sur les bords de la Thyle où ils fondent l'abbaye.

Cette abbaye, sur une terre du Comte de Namur mais à la limite des terres du Duché de Brabant, avive la discorde entre les seigneurs. En 1113, les comtes de Louvain avaient déjà ravi l'avouerie de Gembloux aux Comtes de Namur. En 1136, le comte de Namur avait marché sur la ville pour la reprendre. L'évèque de Liège, en 1153, confirmera la dotation aux moines par les seigneurs de Marbais. Ceux-ci, au milieu du conflit, vont se rapprocher des comtes de Namur. En 1155, Gauthier Ier est cité comme appartenant à la cour des comtes de Namur et en 1179, son fils est cité comme vassal du comte.

L'abbaye est donc prise entre deux feux et devant le renforcement du côté namurois (prise de Gembloux), les moines se tournent vers le duché de Brabant. En 1184, Henri Ier de Brabant confirme des libéralités octroyées aux moines, prend l'abbaye sous sa protection et considère l' Allodium Villari (alleu de Villers) comme dépendant de sa souveraineté. Depuis lors, certains documents mentionnent Villers-en-Brabant. En fait, il ne se contente pas d'étendre sa protection sur l'abbaye mais annexe à ses domaines toute la partie de l'alleu de Villers sur la rive droite de la Thyle et notamment la seigneurie d'Hollers.

La guerre entre les seigneurs se poursuit jusqu'à une paix signée en 1195 entre Baudouin V, comte de Hainaut et marquis de Namur et Henri Ier de Brabant. Après cette paix, les seigneurs de Marbais vont se rapprocher des ducs de Brabant jusqu'à ce que Gérard III soit considéré comme homme du duc en 1224. Dans l'entretemps, ils avaient construit une tour fortifiée au confluent de la Thyle et du ri des Goutailles (sans doute à l'origine du Châtelet).

[modifier] Du Moyen Age à la fin de l'Ancien Régime

Le territoire du alleu se limite donc au nord par le domaine abbatial, à l'est par la Thyle, au sud par le domaine de Marbais et à l'ouest par les terres de Baisy et de Thyl à Sart-Dames-Avelines.

Malgré les difficultés féodales entre allégeance au Comte de Namur et allégeance au Duc de Brabant, Villers reste propriété des seigneurs de Marbais, seigneurs fonciers (droits de juridiction sur les biens et terres) mais aussi seigneurs hautains (droit de juridiction sur les habitants de ces terres).

A partir d'un moment, la population augmentant, le seigneur s'est adjoints des assesseurs qui prirent le nom d'échevins. La cour échevinale de Marbais était composée de 7 personnes dirigées par un maire ou maïeur. Cette institution possédait des pouvoirs administratifs et judiciaire étendus: perception des revenus, entretiens des chemins et cours d'eau, police, basse et haute justice au nom du seigneur.

Pour la haute justice (homicides, vols aggravés, sorcellerie, etc.), le bailli représentait le seigneur et appelait la cour échevinale (appellée alors haute cour) à agir. Ensuite le bailli était chargé de l'exécution des sentences. En 1726, eut lieu la dernière exécution publique à Marbais.

Lorsque Jean t'Serclaes obtint la pleine propriété de la seigneurie de Marbais, en septembre 1610, il réorganisa son domaine et instaura une cour échevinale à Villers secondée par celle de Marbais. Cette cour n'avait que droit de basse justice. Certains des échevins ne savaient pas écrire (ils signaient d'une croix).

En août 1755, un plaid (réunion de l'ensemble des manants de l'entité convoquée par la cour échevinale[4]) important se tient. Il s'agit de réclamer à l'abbaye les tailles (impôts) pour 130 bonniers que l'abbaye détient sur Villers-la-Ville. L'abbé refuse.

La Cour échevinale tente alors de réunir les avis de tous les manants et propriétaires de Villers, Marbais, Brye et Wagnelée. Ceux-ci attestent des terres tenues par l'abbaye et des impôts payés par les moines. L'abbé conteste la décision car un grand nombre de manants étaient absents du plaid.

Villers fut réunit à Hollers sous la domination française.


[modifier] Hollers

Ce qui se trouvait à l'est de la Thyle était connut au départ comme le fief delà l'Eau (de la Liawe, de Laleau) ou du Terne avant Holers. Hollers était une seigneurie dépendant du Duché de Brabant et de la coutume de Louvain. Les seigneurs d'Hollers avait basse, moyenne et haute justice. Le fief de Hollers est une terre franche dans le sens où elle ne paye aucune contribution, sans doute au vu de sa situation de frontière avec le Namurois. Elle doit juste pourvoir l'équipement de deux homme armés quand les milices de Gand entrent en campagne. En 1672, alors que le comte de Thilly (qui l'avait acheté en 1621) met en vente la seigneurie, l'abbaye de Villers tente de racheter ce fief pour compte de plusieurs procès avec les anciens seigneurs de Hollers. La vente n'aura pas lieu. En 1787, 3/4 des habitants de Hollers sont repris comme pauvres.

Ruine du Château de t'Serclaes à hollers en 1812
Le château des seigneurs de t'Serclaes se serait trouvé sur l'éperon rocheux au bout du sentier du Château au Boulevard Neuf.

[modifier] Notes et références

  1. Un alleu est une terre possédée en pleine propriété (au contraire d'un fief ou d'une cense), c'est-à-dire qu'il n'y a pas de redevance due à un seigneur.
  2. Mez signifie manse (rapprocher de mas dans le sud de la France) ou tenure. La manse est une parcelle de terre normalement suffisante à faire vivre une famille. Généralement, il s'agit de terre cultivée par des affranchis et une partie de la récolte est due au seigneur.
  3. Une des deux cense correspond à une ferme, aujourd'hui disparue, du côté du lieu-dit les quatre-chênes
  4. Le plaid est une sorte de session extraordinaire de la Cour échevinale qui se tient 3 ou 4 fois par an selon les circonstance. Tous les manants (paysans et habitants d'un village, par opposition aux bourgeois, vivant en ville) sont tenus d'y participer. Durant ces réunions, la Cour rappelle les coutumes (lois) locales.



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