Histoire de l'abbaye

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Sommaire

Chronologie générale de l'abbaye

voir aussi Chronologie des abbés de Villers

  • 1146 : Arrivée des premiers moines venus de Clairvaux - fondation de l'abbaye (Villers I: la Boverie).
  • 1147 : Déménagement vers la vallée de la Thyle (Villers II).
  • 1197-1209 : l'abbé Charles fait construire une nouvelle abbaye (Villers III).
  • 1231-1237 : Fondation des premières abbayes-filles de Grandpré et Saint-Bernard sur Escaut.
  • 1248 : Inhumation du Duc Henri I de Brabant dans l'abbatiale.
  • 1258 : Inhumation de sainte Julienne de Cornillon.
  • 1263 : Inhumation de Gobert d'Aspremont.
  • 1280-1283 : Achèvement de l'Eglise.
  • 1314 : Premier exil de la communauté.
  • 1358-1370 : L'abbé Nicolas de Brigode devient député des Etats de Brabant.
  • XVème siècle : réaménagement de l'abbaye (diminution de l'espace des convers, hôtellerie se transforme en Brasserie, ...).
  • 1508 : deuxième exil (il y en aura encore 7 jusqu'en 1667).
  • 1613-1616 : construction de la Chapelle Notre-Dame de Montaigu.
  • 1715 : construction de la chapelle Saint-Bernard.
  • 1716-1734 : sous l'abbatiat de Jacques Hache, construction du Palais abbatial.
  • 1784 : Édification de la pharmacie. (au-dessus de la Porte de Bruxelles)
  • 1789 : Saccage de l'abbaye par l'armée autrichienne.
  • 1794 : Pillage de l'abbaye par les Français et les habitants de la région.
  • 1796 : Abandon définitif de l'abbaye.
  • 1797 : Achat de l'abbaye par un marchand de matériaux: La Terrade.
  • 1814 : La Terrade est chassé de l'abbaye. Rachat par Charles-Lambert Huart.
  • 1853 : Décès de Dom Placide, dernier moine devenu curé de paroisse.
  • 1855 : Construction de la ligne de chemin de fer.
  • 1862 : Visite de Victor Hugo.
  • 1892 : L'état belge devient propriétaire des ruines.
  • 1893-1914 : Premiers travaux de consolidation.
  • 1972 : Les ruines sont classées comme site et monument historique.
  • 1984 : Début d'un deuxième chantier de restauration.
  • 1992 : Classement comme patrimoine exceptionnel de Wallonie.
  • 2010 : Début des travaux de revalorisation et de réunification des 3 ensembles.
  • 2016 : ouverture du nouveau centre des visiteurs et entrée dans le site par le Moulin

Contexte et origine

Monachisme chrétien

Dès le Ier siècle de notre ère, des hommes et des femmes s'isolent de la société pour vivre l'idéal de l’Évangile dans l'ascèse et la prière. Au IIIème siècle, Antoine le Grand (ou encore Antoine de Côme ou Saint Antoine) va donner un grand développement à ce monachisme en se retirant dans le désert, mais sa spiritualité attire à lui nombre de disciples. Au siècle suivant, toujours en Egypte, Pacôme le Grand, après des débuts dans la droite ligne de Saint Antoine (ascète et ermite, ce que l'on appelle les anachorètes), fonde une petite communauté qui rapidement prend de l'ampleur et doit être régulée; c'est le début du monachisme cénobite c'est-à-dire en communautés (par opposition aux ermites ou anachorètes).

Au début du VIème siècle, en Nurcie (région du centre de l'Italie), un jeune noble, Benoît (mort en 547), tente de suivre la voie de Saint Antoine et se retire dans une grotte près de la ville de Subiaco. En 510, il est appelé par des moines ayant perdu leur abbé pour prendre ce rôle. Après avoir refusé, il accepte et tente, en vain, de réformer un premier monastère. Après un second épisode érémitique, il fonde un premier monastère à Subiaco. Petit à petit, il établit des règles de vie pour ces moines. Ces règles deviennent les Règles de Saint Benoit ou Règles bénédictines. Elles essayent d'établir un équilibre entre prière, travail et repos et sont plus modérées que d'autres règles monastiques de l'époque.

Pendant la période carolingienne, la règle bénédictine s'impose à l'ensemble des monastères de l'empire sous l'impulsion de l'empereur Louis le Pieux et de son conseiller, l'abbé bénédictin Benoît d'Aniane. Les communautés et abbayes vont rapidement prendre de l'ampleur notamment avec le morcellement du pouvoir central et l'apparition de la féodalité. Une abbaye de Bourgogne, l'abbaye de Cluny, va alors exiger d'être sous la tutelle directe du Pape. L'ordre des clunisien est créé.

Fondation de l'ordre cistercien

Le XIème et XIIème siècle voit le développement important de ces abbayes dont certaines deviennent très riche et s'éloignent de la règle de Saint Benoît. Un renouveau monastique est entamé. En 1098, un moine, Robert de Molesmes, avec quelques compagnons, fonde un abbaye à Cîteaux avec dans l'idée de respecter strictement la règle de Saint Benoît. Robert et ses deux successeurs, les abbés Aubry et Etienne de Harding vont affirmer cette nouvelle organisation. Ce dernier rédige la Carta Caritatis (Charte de Charité) véritable document fondateur de l'ordre cistercien.

Armoiries de l'ordre des cisterciens

En 1113, une première abbaye-fille est fondée à La Ferté, suivie en 1114 par celle de Pontigny et en 1115 par celles de Clairvaux en Champagne (par Bernard de Fontaine) et celle de Morimond.

Étienne Harding a prévu que chaque abbaye dépende, tout en conservant une grande autonomie notamment financière, d'une abbaye mère : l'abbaye qui l'a fondée ou à laquelle elle est rattachée. Leurs abbés élus par la communauté gouvernent l'abbaye comme ils l'entendent. En même temps, il a su prévoir des systèmes de contrôles efficaces tout en évitant la centralisation : l'abbaye-mère dispose d'un droit de regard, son abbé doit la visiter annuellement.

Étienne Harding a institué, au sommet de l'édifice, le Chapitre général comme organe suprême de contrôle. Le Chapitre général réunit chaque 14 septembre, sous la présidence de l'abbé de Cîteaux qui fixe le programme, tous les abbés de l'ordre qui doivent y assister en personne ou, exceptionnellement, se faire représenter. Ils ont rang égal hormis les abbés des quatre branches maîtresses. Le Chapitre général édicte par ailleurs des statuts et apporte les adaptations rendues nécessaires aux règles régissant l'ordre. Les décisions prises lors de ces assemblées sont rapportées dans des registres appelés statuta, instituta et capitula.

Pour fonder une nouvelle abbaye, une douzaine de moines et un abbé sont envoyés. A la mort de Saint Bernard (Bernard de Clairvaux - 1090-1153), on ne compte pas moins de 350 abbayes cisterciennes. En 1354, on comptera 690 maisons d'hommes (on ne compte pas les moniales ici) du Portugal à la Suède, de l'Irlande à l'Estonie et de l'Écosse jusqu'en Sicile.

Fondation de l'abbaye de Villers

Le fondateur et premier abbé de l'abbaye de Clairvaux était au départ un jeune chevalier, Bernard de Fontaine. Il réunit une trentaine de compagnons et rejoignent l'abbaye de Cîteaux. En 1115, il est envoyé pour fonder l'abbaye sur les terres de Hugues de Troyes, Comte de Champagne. Il se consacre pendant quelques années à la création de son abbaye puis va avoir une influence considérable sur la vie religieuse de l'époque.

En 1146, il prêche la deuxième croisade. Dans le même temps, Gauthier Ier, seigneur de Marbais, et sa mère Judith, offrent aux moines de Clairvaux le nord de leur alleu de Villers aux confins du comté de Namur, du Duché de Brabant et de Hainaut. Saint Bernard, après une visite dans la région en passant par les abbayes de Gembloux et d'Afflighem, y envoie l'abbé Laurent, douze moines et cinq convers (frères laïcs) pour y fonder une nouvelle fille de Clairvaux.

Vers le mois de juin 1146, ils arrivent près de Villers. Ils logent une nuit à Gemioutrahum (sans doute la ferme de Gemioncourt à Baisy-Thy). Ils s'installent ensuite au lieu-dit La Bouverie près des sources du ru Goddiarch. Ils ont 8 bonniers de terre et y construisent une maison et un oratoire. Le 23 janvier 1147, ils reçoivent la visite de Saint Bernard qui découvre une communauté découragée: la terre est aride, le Goddiarch se tarit... Bernard leur propose alors de déménager d'un bon kilomètre dans la vallée de la Thyle.

L'abbé Laurent cède sa place[1] à Gérald, deuxième abbé de Villers qui construit les bâtiments de la seconde abbaye qui sera appelée maison de Saint Bernard (cette maison aurait été détruite au XVIème siècle seulement sur ordre de l'abbé Van Zeverdonck). Elle comprend un oratoire en pierre, dédié à la Vierge, à côté duquel un bâtiment principal avec réfectoire et dortoir (ou un bâtiment à trois étage selon les sources) et probablement d'autres bâtiments secondaires. Gérald fut ensuite nommé évêque de Tournai. Il décède en 1166.

Le troisième abbé de Villers se nomme Fartrade et il est dit qu'ensemble, Gérald et lui, furent abbés pendant 5 ans (soit jusqu'en 1153). Saint Bernard revient à Villers en 1151.

En 1153, Odolin, quatrième abbé est confirmé dans ses fonctions et privilèges par Henri II, évêque de Liège et Godefroid III, Duc de Brabant. Sous son abbatiat, l'abbaye reçoit 100 bonniers (140 hectares) de l'église de Nivelles et elle commence à avoir des relations notamment avec l'église de Florennes et elle construit les fermes de Mellemont et Chassart.

Après 7 ans (1160), Odolin cède la place à Ulrich, moine de l'abbaye de Vaucelles (près de Cambrai), homme prudent et prévoyant[2] originaire de Cologne. Il établit des liens avec Afflighem et Looz. A cette même époque, Boniface, un des premiers moines venu de Clairvaux, est le premier à avoir ses os enterrés derrière le maître hôtel. Pendant les 24 années d'abbatiat de Ulrich, l'abbaye reçoit des terres à Schooten (qui deviendra un prieuré), une exploitation à Sart-Risbart, et un alleu à Hez de la comtesse Agnès de Looz. Terres et privilèges sont confirmées par les plus grands seigneurs, le pape Alexandre, Godefroid, Duc de Lotharingie, ... En 1184, Henri I de Brabant concède à l'abbaye une charte d'immunité extraordinaire (protection contre les exactions séculaires).

En 1185, Ulrich quitte sa charge et retourne 7 ans à Vaucelles avant de décéder.

Ulrich avait eu pour prieur Boniface, grand seigneur de Bourgogne qui avait abandonné ses domaines pour devenir un saint homme. Boniface faisait partie des premiers moines venus avec Laurent. Il décède en 1170. A cause de sa grande piété, son corps reste exposé à la dévotion populaire jusqu'en 1599, quand l'abbé Henrion le fait ensevelir dans la chapelle de Saint-Bernard.

Gérard d'Espinoy succède à Ulrich pendant 6 ans avant d'être appelé à l'abbaye de Clémares près de Saint-Omer. L'abbaye s'enrichit d'une ferme dite de Beaufays (près de Velp, Hasselt). Guillaume qui lui succède, était prieur à l'abbaye de Heisterbach. Il acquiert une ferme à Dhuy et des terres à Fymay (Fumay ?). Le pape Célestin III, par une bulle du 4 mars 1192, confirme les privilèges de l'abbaye et son indépendance par rapport aux évèques.

L'abbaye de Villers au Moyen Age

Le chantier de l'abbaye définitive

L'abbé Charles de Sayn

Charles est le fils d'une famille apparentée aux Comtes de Sayn (nord de Koblenz dans le Saint-Empire Romain Germanique). Il est chevalier mais vers 30 ans souhaite se retirer du monde. Il entre comme novice à l'abbaye de Hemmerode dans le diocèse de Trèves, en 1185. En 1189, il devient prieur à l'abbaye de Val-Saint-Pierre ou Heisterbach, fondée un an plus tôt par l'abbé Hermann et lui-même. Lorsqu'on l'appelle comme abbé de Villers, la chronique dit qu'il s'enfuit en pleurant et refuse la charge. Le Chapitre général de l'Ordre s'en mêle et il fini par accepter. Il devient abbé de Villers en 1197.

En arrivant, il découvre une abbaye relativement pauvre: "Le monastère n'était couvert que de chaume, et avait plutôt la forme de cabanes de bergers, que d'un Monastère de religieux"[3]. Il entreprend alors la construction d'une abbaye fille de Cîteaux digne de ce nom. La construction se fait encore en style roman. On lui doit l'aile des moines[4] et l'aile des convers, respectivement à l'est et à l'ouest du cloître. Dans le narthex de l'abbatiale, il y a quelques restes de voûtes en plein cintre. Et sans doute, des bâtiments ont également été construits dans l'aile sud du cloître. Les travaux de Charles vont être interrompus. Une des explications de cette interruption est le débat, au sein de l'Ordre, sur le passage d'une architecture romane vers une architecture gothique naissante.

Charles sera également un homme écouté par son siècle. On relate une rencontre à Ancluvire avec Philippe Auguste, roi de France, qui demande conseil au religieux. Il interviendra aussi comme médiateur (ange de paix dans les chroniques) entre le Duc Henri de Brabant et l’évêque de Liège, Hugues de Pierre-pont. L'abbaye continue à s'enrichir en terres et en influence: on signale des vignes sur les bords du Rhin, des pêcheries dans la Sambre, des droits à Dordrecht (au sud de Rotterdam). Charles est chargé de la direction du monastère des Béguines de Grandcourt à Faux, près de Louvain. Il aide aussi une religieuse, Gilda, à fonder un monastère aux environs de Bruxelles, le monastère de Bernebeek, encore appelé Chambre de la Bienheureuse Vierge Marie ou plus simplement La Cambre.

En 1209, il renonce à sa charge et se retire à l'abbaye de Hemmerode où il s'éteint quelques années plus tard (sans doute en 1212). Durant l'abbatiat de Charles, l'abbaye de Villers comptera près de 100 moines et 350 convers.

L'abbé Conrad d'Urach

Conrad est le neveu de Charles, fils de Berthold IV de Zärhingen, comte d'Urach et de Furstemberg et d'Agnès de Zähringen. Très tôt, il fut envoyé au chapitre de Saint-Lambert à Liège. Il passa quelques années en prison en tant qu'otage que son père a dû offrir à Philippe de Souabe dans une querelle sur l'élection du nouvel empereur. Après cela, il entra comme novice à l'abbaye de Villers. Quelques années plus tard, son oncle, Charles, le prit comme prieur de l'abbaye. C'est presque naturellement que ses pairs l’élurent à la succession de son oncle.

Conrad ne resta pas longtemps à Villers. En 1214, il fût appelé comme abbé à l'abbaye-mère de Clairvaux puis en 1217, il fût élu comme abbé à Cîteaux, devenant ainsi abbé général de l'Ordre. Sa carrière ecclésiastique ne s'arrêta pas là: le pape Honorius III le fit cardinal en 1219 et il eut plusieurs mission en tant que légat du pape, notamment lors de la croisade contre les Albigeois. C'est lui qui confirmera, au nom du pape, l'Ordre des Prêcheurs de Saint Dominique. Lors du conclave de 1227, il fût élu pape mais refusa la tiare au profit de Grégoire IX. Il mourut quelques mois après à Bari, en route pour un pèlerinage en Palestine.

C'est sans doute Conrad qui relança les travaux mais cette fois en s'inspirant du style gothique.

Les travaux du XIIIème siècle

A la suite de la reprise des travaux, de nouveaux bâtiments sont construits le long de la galerie sud du Cloître (chauffoir, réfectoire des moines, cuisine, réfectoire des convers). L'abbatiale (Eglise) ainsi que plusieurs chapelles sur son mur nord, sont également construites durant ce siècle (elle fut terminée vers 1285).

Au-delà du Cloîtresont aussi construits à cette époque une infirmerie des moines, une pour les convers et une pour les séculiers, des prisons, une hôtellerie, une porterie et des ateliers (Brasserie, tannerie, tissage, boucherie-abattoir, ...). L'abbaye est également close d'une enceinte.

Apogée et épanouissement de l'abbaye

Essaimage

L'abbé Walther d'Utrecht succède à Conrad en 1214. C'est un érudit qui tente encore une fois, par son entrée au monastère, à fuir le monde. Il fonda 8 monastères pour femmes dont il rendit la direction à Cîteaux, craignant d'y perdre le soin de son propre monastère. Il garda cependant la direction du prieuré de Ter Banck, une léproserie près de Louvain. L'abbaye est de nouveau en but avec des brigandages. Les papes Innocent III, Honorius III et Grégoire IX vont à nouveau intervenir notamment auprès des archevêques de Cologne et de Reims pour protéger l'abbaye.

Ce dernier pape permis également à l'abbaye d'ensevelir les corps des fidèles qui souhaitaient être inhumés dans l'enceinte du monastère. Walther fut suivi de Guillaume II de Bruxelles qui fût celui qui fonda la première fille de Villers, l'abbaye de Grandpré. En 1238, Guillaume est appelé comme abbé de Clairvaux.

Nicolas de Sombreffe, prieur de Clairmarais (Saint-Omer), succède à Guillaume mais mourut en 1240. Sous son abbatiat, nos régions connurent une importante famine. Les moines décidèrent alors de ne pas distribuer de grain comme ils en avait l'habitude. Selon la chronique, la nuit même une digue de l'étang voisin se rompit durant la nuit et noya les grains dans la réserve. Les moines y virent un châtiment divin et recommencèrent donc à distribuer du grain. Arnulphe II, un des moines de l'abbaye, fut élu abbé quelques temps après la mort de Nicolas. Il devint vite un protégé du Duc de Brabant, Henri II, qui le poussa à fonder la seconde fille de Villers, l'abbaye de Saint-Bernard-sur-l'Escaut.

Henri II de Brabant voulut être enseveli à Villers et le fût après des obsèques solennelles à Louvain. Un gisant fût érigé en son honneur dans la droite du chœur de l'abbatiale.

L'Ordre des cisterciens souhaita voir Arnulphe prendre la tête d'un collège Saint-Bernard à Paris. Ce dernier refusa, souhaitant même résigner sa tâche d'abbé. Lorsque l'Ordre accepta, en 1250, il était presque trop tard car Arnulphe mourut cette même année. Il fut enterré dans la salle capitulaire.

Précisons ici que, même si de nombreux abbés de Villers avaient un haut niveau d'éducation (de nombreux frères de Villers connaissaient les trois langues parlées en Belgique: le français, le flamand et le latin et plusieurs abbés ont fait des études à Louvain, à Paris, etc.), Villers n'est pas reconnu comme un haut lieu culturel: pas de grand monuments littéraires ou théologiques issus de son sein[5][6].

A propos de culture, il est dit de l'abbé suivant, Walther de Jodoigne, est un excellent musicien. Sous son abbatiat, un nouvel autel, dédié à Sainte Ursule est béni dans l'abbatiale par Saint Boniface, évêque de Lausanne alors en séjour à l'abbaye de la Cambre. Une grande croix, dite croix des convers est également mise en place avec des reliques de la vraie croix et de la table de la Cène. En 1258, Walthère décède durant une visite à l'abbaye cistercienne de moniales de Wauthier-Braine. Nicolas, ancien chanoine régulier de l'église Saint-Jean à Valenciennes luis succède mais décède dans l'année.

Jean de Saint-Géry fait construire une ferme à Scalwiet en Hollande. Bernard de Mont-Saint-Guibert active les travaux de l'abbatiale. D'autres reliques y sont déposées. Bernard abdique de sa charge en 1268. Il devient abbé de l'abbaye de Grandpré avant d'être rappelé à Villers où il meurt en arrivant en 1270. Alméric lui succède à la demande de Clairvaux. Il avait été moine à Foigny[7] puis abbé des abbayes de Trois-Fontaines[8] et Ringi[9]. Alméric fait construire un scriptorium. Il se retire après 3 ans de prélature.

Les premières difficultés

Arnulphe de Gestel était entré à l'abbaye de Villers à 22 ans. En 1259, il est élu comme abbé de l'abbaye de Saint-Bernard-sur-l'Escaut. Une première fois élu comme abbé de Villers en 1270, il refuse et cède la place à Alméric. En 1271, il se voit obligé d'accepter. Il découvre alors une abbaye très endettée et lance des mesures drastiques de réduction des dépenses en commençant par lui-même: il ne bois plus de vin, ne voyage pas avec des équipages dignes de sa charge, refuse d'utiliser les biens de l'abbaye comme présents (le pain, par exemple, n'est utilisé que pour les besoins de l'abbaye ou des pauvres). Il rassemble tout ses frères des différentes fermes pour les enjoindre de procéder à des économies. L'abbaye elle-même compte alors jusqu'à 100 religieux et 300 convers.

Grâce à une discipline stricte mêlée d'une grande Foi et religiosité, Arnulphe rétablit les finances de l'abbaye: toutes les dettes sont payées et il peut même se permettre d'établir une ferme à Maugré, de bâtir des murailles pour celles de Sart-Risbart, Mellemont, Chénoit et Chassart, et , enfin, de construire une brasserie et une corroierie[10] à l'abbaye. Les travaux de l'abbatiale continue. Arnulphe décède le 2 mars 1276.

Un grand prédicateur, Jacques Somal, lui succède. Celui-ci fait construire un second scriptorium près du chauffoir. Il fait faire de nouvelles stalles dans le choeur pour les moines et un espace réservé pour les convers, distinct de l'espace pour le public. Il renonce à son poste après 7 ans d'abbatiat.

L'élection suivante est la première pour laquelle les chroniques signalent un partage des voix: entre Henri de Melsbroeck, abbé de Saint-Bernard et Robert de Boquery, fils du Seigneur d'Ottignies, moine et prieur à l'abbaye, qui finit par l'emporter. Les grands seigneurs s'intéressent de nouveau à Villers. Jean Ier, Duc de Brabant, confirme sa protection à l'abbaye et la possession de ses biens (en restreignant cependant à une maison dans les villes de Brabant). Le pape Boniface VIII, quant à lui, dans ses besoins de croisades, va exiger la dîme à l'abbaye de Villers.

Robert poursuit les constructions avec l'élévation du cloître (1287) le long du réfectoire et la création d'une grande salle à l'étage. Il résigne sa dignité en 1303. C'est Nicolas de Gheest, alors abbé de l'abbaye de Grandpré qui est élu pour lui succéder. Il conseillera le duc Jean II de Brabant avant de se retirer en 1308. Raduard de Malines, abbé de l'abbaye de Saint-Bernard-sur-l'Escaut lui succède pour deux ans seulement avant de retourner à Saint-Bernard pour diriger cette abbaye un an encore avant sa mort, en 1211, au Chapitre général à Cîteaux.

Des heures plus sombres

Au XIVème siècle, les grandes libéralités des princes se tarissent. Ils octroient toujours chartes et diplômes[11] à l'abbaye mais moins de terres. Le duc Jean III de Brabant est mineur quand il accède à son titre et ne maîtrise plus les petits seigneurs locaux qui bafouent certains droits. De plus, son Duché est très endetté.

C'est dans ce contexte que Jacques de Plancenoit, âgé de moins de 30 ans, devient abbé de Villers. Pour fuir la taille (impôt) que veulent leur imposer les conseiller du jeune duc, les moines s'enfuient de Villers avec leurs biens. Ils se dirigent vers les abbayes de Cambron, de Saint-Bernard, d'Aulne ou vers Namur. Jacques résigne sa charge en 1315. Il est remplacé par Jean de Malderen, abbé de Saint-Bernard depuis 1311. Bon gestionnaire, celui-ci pourrait relever Villers si la nature ne s'y mettait pas: 1315 est une année de pluie continue sur nos régions, les blés pourrissent sur pied, le bétail est atteint d'une épizootie, les prix flambes (le muid[12] de blé de Louvain triple de valeur entre la Toussaint et Pâques), la famine sévit... Et la peste se rajoute au tableau. Les moines se redispersent mais reviennent rapidement en 1316. Jean de Malderen décède en 1317. Jacques de Plancenoit fut rappelé et poursuivit sa tâche jusqu'en 1329 où il démissiona une nouvelle fois.

C'est également à cette époque (et sans doute y a-t-il un lien de cause à effet) que des chapelles sont adjointes à l'abbatiale (mur nord): une chapelle de la Sainte Trinité dotée[13] par Gertrude de Moriensart, une deuxième par Rixa de Sombreffe, une troisième par Clémence de Malève, une quatrième par Herman et Pierre, chanoines de Draconara, une cinquième par un prêtre, Hugues de Mierlyère (contre 60 bonniers de terre à Ramillies), une sixième par Hugues de Somerel, une septième par les parents de Thomas de Namur, une huitième par Marie de Saint-Guibert, une neuvième sous le porche par Gobert d'Argenton et Mathieu Pietoul de Nivelles et enfin la chapelle de l'infirmerie dotée par Baudouin de Mellery.

En 1328, une guerre entre Bouvignois et Dinantais dégénéra en une guerre globale impliquant l'évêché de Liège, les comtes de Namur et le Duc de Brabant. Villers souffrit donc des nombreux passages de la soldatesque. Quand Gérard de Moustiers prit la succession de Jacques de Plancenoit, l'abbaye ne comptait plus que qu'un petit nombre de moines et de frères convers en lieu et place des 400 religieux du milieu du siècle précédent. Les dettes de la communauté étaient énorme.

Henri de Faux ne siégea que 2 ans mais réduisit la dette à 1300 muids de blé (environ 1700 tonnes !) et 800 livres de gros tournois[14] (sans doute environ 8 000 000 € !). On n'ose imaginer ce qu'elle était plus tôt. Didier de Brugode (ou de Bourgogne) continue ce travail: il vent les fermes de Jandri et de Scalwiet en Hollande; il obtient de Jean III de Brabant un privilège immunisant les moines et leurs biens de saisies par leurs créanciers. Il meurt le 7 septembre 1333. Jean de Bruxelles, un moine de l'abbaye, docteur en théologie de l'Université de Paris, lui succède. Face à trop de difficultés, il se retire l'année suivante (il mourra en 1346).

La chronique de l'abbaye s'interrompt ici et ne sera reprise qu'un siècle plus tard à la demande de François de Calaber vers 1465.

Des hauts et des bas

Jean de Steenberghe, abbé de Saint-Bernard, siégea pendant un an comme abbé de Villers. Il fut suivit par Albéric de Genappe, un jeune moine de l'abbaye, prieur sous Jean de Bruxelles. Il est mort le 8 juillet mais on ne sait si c'est en 1337 ou 1347. Jean de Frasne(-lez-Gosselies) lui succéda peut-être ou alors est-ce directement Nicolas de Brugode (il est possible que les sources aient inversé les deux abbés). Jean II de Brabant meurt en 1355 et est ensevelit dans l'abbaye devant le maître-hôtel. Son sarcophage est l'oeuvre de maître Colard Garnet.

Nicolas de Brugode fut suivit par Martin de Huy. Celui-ci tenta de mettre de l'ordre dans les affaires de l'abbaye. Il imposa une discipline très stricte. Tellement stricte qu'une fronde s'éleva parmi les moines. Avec le soutien de Wencesclas, nouveau Duc de Brabant, il résista mais certains moines s'enfuirent et pillèrent la ferme de Mellemont et d'autres biens de l'abbaye. Martin mourut le 4 juillet 1381[15].

Au contraire de son prédécesseur qui jouit des louanges du chroniqueur François de Calaber, Jean de Hollers est descendu par le chroniqueur: On ne se souvient d'aucun bienfait par cet abbé; les maux au contraire sont sans nombre. Il dilapida si bien les ressources de l'abbaye, dit-il, que les moines devaient aller à Genappe chercher le pain. Il fut destitué en 1393.

Othon, son successeur, releva l'abbaye: il s'acquitta de toutes les dettes, embellit l'abbaye, releva les fermes de Gemioncourt et du Chenoit (qui n'étaient plus occupées durant la prélature précédente), agrandit celle de Cokiamont et Ramillies et acquit des biens près d'Ophem. La duchesse Jeanne, permit à l'abbaye d'établir une garenne ou chasse-gardée dans le bois del Hutte près de Villers-Perwin et de Frasnes. Par contre, le duc Antoine doit défendre l'abbaye contre les échevins de différents villages qui souhaite la taxer. Othon décède le 1 décembre 1424. Le père cellérier, Gilles (Egide) de Louvain, lui succède. Quand il se retire en 1433, la situation financière de l'abbaye est de nouveau très correcte.

En 1414, l'abbaye fournit, avec l'abbaye d'Aulne, une partie de la population de l'abbaye de Moulins-Warnant (à Anhée) qui devint ainsi la troisième fille de Villers.

Gérard de Louvain greva de nouveau lourdement les finances de l'abbaye mais il l'embellit. C'est lui qui fit construire en brique la façade du quartier abbatial. Il fit également refaire un hospice à Louvain[16]. Il garnit de tableaux tous les autels. Les moines, mécontents, obtinrent sa démission en 1446. Il se retira d'abord à Louvain en ayant obtenu les revenus de la ferme de Helscoute puis parti pour Paris où il mourut.

Walther de Assche qui lui succéda, malgré sa grande simplicité, ne parvint pas à remonter les finances de l'abbaye. On lui doit néanmoins de grandes orgues dans l'abbatiale. Walther décédera suite à une rixe qui le fit tomber dans une rivière: l'abbé de Villers a dû intervenir lors d'un différend entre deux moniale de l'abbaye d'Herckenrode (près de Hasselt); les frères d'une des moniales n'étant pas d'accord avec la sentence, le précipitèrent dans une rivière non loin de l'abbaye. Le frère qui l'accompagnait réussit à le sauver mais il ne s'en remis pas et quelques temps plus tard, lors d'un passage à l'abbaye de Parc-les-Dames (près de Rotselaer), le mal empira et il mourut en janvier 1459.

Le château de Wildre (Kampenhout) tel qu'il apparaissait vers 1770

François Calaber est né à Louvain vers 1420. Il entre à l'abbaye de Villers qui l'envoie étudier la théologie à Louvain puis à Paris. Certains auraient conspirer dans l'entourage de Philippe-le-Bon, Duc de Bourgogne, régnant alors sur nos régions, pour le faire abbé de Villers à la mort de son prédécesseur. On remarque ici une implication plus grande du pouvoir temporel sur la nomination des abbés (normalement élus par les moines de l'abbaye).

Durant l'abbatiat de François, plusieurs fermes appartenant à l'abbaye furent détruites ou incendiées durant la guerre entre le Duc de Bourgogne et les Liégeois. Il se fait pourtant construire de nouveaux quartiers abbatiaux. Il fait refaire l'hospice de Louvain. Il vend également une maison de l'abbaye à Anvers pour en acheter une plus spacieuse. Enfin, il fait l'acquisition du château de Wildre près de Kampenhout (nord-est de Bruxelles).


Il s'occupe également de la réforme du couvent de Valduc. François de Calaber décède à Louvain le 26 novembre 1485. Ici se termine la chronique de l'abbaye [17].

Hospice de Louvain devenu après Collège de Villers et aujourd'hui archives de l'Etat à Louvain dans la Vaarstraat

Sous les Pays-Bas espagnols et autrichiens

Au centre des guerres des états de Bourgogne

Jean de Campernoille (ou Campernoels), comme François de Calaber, est nommé par le souverain de Pays-Bas comme abbé de Villers en 1496. Sous son abbatiat, l'abbaye (et nos régions plus généralement) est épuisée par les famines et les guerres. Plusieurs fermes sont pillées. Après 18 ans de prélature, Jean de Campernoille résigne sa dignité et se retire au château de Wilder où il décède le 28 juin 1503.

Appelé à présider l'élection du successeur de Jean de Campernoille, Jean Regnault de Maller, supérieur d'un petit couvent français, est élu lui-même abbé. Il tente de réformer l'abbaye mais sans succès et se retire à Wilder. Son peu de succès auprès de ses frères et aussi auprès des états de Brabant est notamment dû à son origine française et à sa méconnaissance du flamand. Il résigne sa dignité en 1524 et s'en va en emportant des biens de grande valeur et obtient une pension de 800 florins annuels. Pour montrer l'étendue de la décadence de l'époque, Jean Regnault aurait vendu sa dignité abbatiale à Philippe Naturelle, archidiacre et prévôt d'Utrecht. Son successeur donc, Dom Philippe Naturelle et les moines tentent de s'opposer au pillage des biens de l'abbaye et à la pension de Jean Regnault. Ils finissent par obtenir une promesse de don (10 milles florins pour restaurer les bâtiments de l'abbaye et 2000 pour acheter des ornements[18]) et un leg testamentaire de la part de l'ancien abbé. Cependant, à sa mort, en 1526, un général français leur souffle la fortune du prélat. Deux serviteurs essayèrent de gagner l'abbaye avec 12.000 couronnes[19] mais furent rattrapés. Sur ces entre-faits, en 1524 toujours, Dom Naturelle résigne sa prélature et part avec une pension annuelle de 4000 couronnes[20]. Il décède le 22 juillet 1529.

Denis Van Zeverdonck, de Bruxelles, doyen de Saint-Gommaire à Lierre, lui succède. Il avait les faveurs de Charles Quint et entre à Villers coiffé d'une mitre d'or et d'ornements pontificaux (l'abbé Regnault avait reçu ce statut épiscopal pour lui et ses successeurs[21]). Dom Van Zeverdonck va entamer de nombreux travaux à l'abbaye: nouvel appartement pour l'abbé, nouvelle entrée du palais abbatial avec une cour pavée, jardin de l'abbé. Au niveau de l'abbatiale, il fait détruire les anciennes stalles des convers pour agrandir la nef principale.

Dom Van Zeverdonck va également tenter de réformer plusieurs couvents: Binderen, et un couvent près de Saint-Trond, sans succès. Il a plus de succès pour réinstaurer la règle de Cîteaux dans son propre monastère avec l'aide de moines du Jardinet (mais non sans heurts: il envoie un frère en prison, relègue un prieur dans sa chambre et envoie un second prieur diriger un couvent de femmes). Tout ceci se passe pendant les guerres d'extension des Habsbourg vers les Pays-bas. Lors de l'avancée des troupes de Van Rossum, chef d'armée du Duc de Gueldre, Charles d'Egmont luttant contre les Bourguignons, en 1542, les moines doivent fuir l'abbaye. Ils doivent encore la fuir deux ans après lors de l'avancée des troupes espagnoles. Dom Van Zeverdonck décède l'année suivante à l'hospice de Louvain, le 21 février 1545.

En 1532, Van Zeverdonck s'était adjoint Gilles Joris comme coadjuteur (évêque auxiliaire) mais il décéda le 12 avril 1538. Denis A Spina le remplaça sans plaire aux moines. Cependant, à la mort de Dom Van Zeverdonck, ils avaient appris à l'apprécier et le choisir donc comme supérieur. Jean de Lannoy, abbé d'Aulne, approuva l'élection. En 1554, l'abbaye subit de nouvelles pertes: l'armée de Henri II, roi de France, pilla les fermes de Chassart, Géronvillers, Maugré, Bongré, de la Hutte et une grange de Ligny. Le monastère fut épargné. Les moines se réfugièrent pendant un mois à Wilder.

Matthias Hortebeeck, reçu supérieur le 5 novembre 1554, avait été abbé de Boneffe (à Eghezée) pendant 21 ans. Il fut nommé par Charles Quint. Il continua à remettre ordre et discipline dans l'abbaye, prolongea les travaux de rénovation (toit, murailles) avec notamment un nouveau maître-hôtel et de très beaux vitraux. Mais la guerre (révolte des Gueux[22]) continue de faire des ravages dans nos contrées. Il décède juste quatorze ans après son entrée en fonction, le 5 novembre 1568, âgé de 80 ans alors que les moines avaient à nouveau fui Villers devant les soldats du Prince d'Orange.

A la suite de Dom Hortebeeck, François de Vleeschouwer, de Bruxelles, entré à Villers le 2 juin 1569 mais bénit abbé seulement un an plus tard par l'évêque de Namur, dut lutter contre les demandes du pouvoir temporel. De nouveaux évêchés ayant été créés, et la guerre continuant de faire rage, Philippe II d'Espagne tenta d'obtenir des dotations des abbayes, notamment Villers et Saint-Michel à Anvers. Les deux abbés s'y refusèrent. De Vleeschouwer mourut en 1587.

Robert Henrion, coadjuteur du précédent, pris la succession et clôtura le litige avec le roi en dotant l'évêché d'Anvers d'une rente de mille florins (près de 3350 €). Après 16 ans d'exil, il ramena les moines à Villers. Nommé vicaire-général des cisterciens pour les Pays-bas, Henrion, tenta également en vain de rénover certains monastères. Il opéra plusieurs aménagement de l'église abbatiales: statues des douze apôtres, tombeaux dans la chapelle latérale de Saint-Bernard. En 1616, il reçoit de l'évêque de Anvers, Jean Le Mire, une statue en chêne de la Vierge. Dom Henrion, fit bâtir, pour l'accueillir, la chapelle Notre-Dame de Montaigu.

Peu en accord avec le siècle des Lumières qui commence, Dom Henrion pose comme dernier acte de son abbatiat le jugement pour sorcellerie et magie de deux religieuses du couvent d'Arleux (près de Lille). Elles seront brulées. Robert Henrion meurt à Bruxelles le 29 janvier 1620 dans une incendie au retour de ce jugement.

Henri Vander Heyden, entré vers 17 ans à Villers, et élu abbé de Saint-Sauveur à Anvers en 1610, est appelé comme abbé de Villers en 1620. Il devient député des Etats de Brabant (pendant 13 ans), il y représente les prélats de la province. Il enrichit l'abbaye de trois tableaux du peintre flamand Gaspard de Crayer (1584-1669): une Descente de Croix, une Naissance du Christ et le Corps de Jésus Christ étendu à terre, entre des anges. En 1645, un terrible orage entraine de nombreux dégâts aux bâtiments de l'abbaye (moulin partiellement détruit, dégâts aux bâtiments du cloître, effondrement de parties de la muraille). Ensuite, pendant 2 ans, l'armée du général Lamboy et du Duc de Lorraine campent dans la région au crochet de l'abbaye. Les soldats mettent le feu à la ferme de Chassart (coût de reconstruction pour l'abbaye: 20 000 florins). Dom Henri Vander Heyden décède le 10 juin 1647.

Robert de Namur, prieur de Villers en 1616, puis abbé du Jardinet en 1632, il fut élu abbé de Villers le 6 décembre 1647. Les dommages dus à la guerre (troupes françaises ou espagnoles) grevèrent encore le patrimoine de l'abbaye: incendie de la ferme de Maugré en 1649, abandon de la ferme de Géronvillers. Robert de Namur mourut le 31 octobre 1652 âgé de 74 ans.

Sanderus dédia sa Chorographia sacra Villariensis à Bernard Van der Heck, abbé du 21 janvier 1653 à octobre 1666. C'est Don Francisco de Moura, gouverneur-général, qui désigna Idesbald Willemart comme nouvel abbé, le 7 juin 1667. Ce dernier meurt le 26 avril 1671.

Les déboires de l'abbé Thomas Moniot

Au décès d'Isebald Willemart, les voix des moines sont partagée entre Thomas Moniot et Paul Chifflet. Celui-ci est fils de Jean-Jacques Chifflet, médecin de plusieurs gouverneurs-généraux auprès desquels il a un arriéré de plus de 50 000 florins. Le gouverneur ne se préoccupe pas des plaintes de Chifflet et les moines, refusant un étranger, proposent la somme de 24 000 florins au gouverneur général, le comte de Monterey et de Fuentes. Cependant, la cour de Madrid refuse de confirmer la nomination de Thomas Moniot et fait installer Laurent Oieux comme abbé mais celui-ci meurt d'une fracture avant de prendre possession de sa dignité.

Thomas Moniot, malgré un plus grand nombre de voix, est à nouveau évincé au profit de Lambert Straelen. Moniot exige une pension. Mais Straelen lui réclame 30 000 florins qu'il aurait utilisé pour se faire élire et refuse la pension avant de lui en accorder une de 1500 florins. Straelen décède le 18 mars 1686 et Moniot obtient de nouveau un maximum de voix. Il est à nouveau évincé par le gouverneur, le marquis de Gastanaga, qui met en place le prieur, Edmond Uyttenhoven de Bruxelles. La famille de Moniot entame alors un procès, sans succès. Uyttenhoven décède le 12 mai 1693.

Les moines sont alors réunis à Bruxelles avec le Chancelier de Brabant et l'abbé de Saint-Bernard. Ils élisent une nouvelle fois Moniot. Les troupes française campent non loin de Villers et risquent de prendre pied à l'abbaye. Le gouverneur-général, le Duc de Bavière, s'empresse donc de ratifier le choix des moines. Thomas Moniot devient enfin abbé le 20 juillet 1693. Il le restera jusqu'à sa mort le 28 février 1697.

Début du XVIIIème siècle

Antoine Pinchart rebâtit l'hospice de Villers à Bruxelles (détruit par un incendie en 1695 lors du bombardement de la ville par les troupes de Louis XIV). Il meurt le 26 janvier 1705.

Martin Cupis de Camargo, issu d'une riche famille qui dota richement l'abbaye, fut également vicaire-général de l'Ordre. Il meurt le 26 décembre 1714.

Jacques Hache, moine de Villers, est nommé par l'empereur Joseph Ier pour succéder à Martin Cupis de Camargo. Il fait de l'église abbatiale une des plus belles de tout le pays. Il fait également construire une belle bibliothèque. Arnulphe Pottelsberghe lui succède le 11 novembre 1734. Puis Martin Staignier, confesseur des religieuses d' Argenton en 1742. Une sombre histoire fit que le prince Charles de Lorraine diligenta l'abbé de Saint-Bernard et le conseiller de Brabant Orts à enquêter à l'abbaye. L'enquête prouva que les accusations de sang versé dans l'enceinte du monastère étaient sans fondement. Staignier meurt le 6 mai 1759.

Daniel Daix était curé de Mellery lorsqu'il fut mis à la tête de la communauté. Sa prélature dura 5 ans seulement.

La fin de l'ancien régime

Les derniers abbés

Robert de Bavay fut nommé le 7 novembre 1765 au détriment d'Albéric Dubois. La période devenait difficile pour l'abbaye. Joseph II, dans l'esprit des philosophes des Lumières, fermait nombre de couvents et réforme la liturgie catholique. En 1774, il ne restait que 54 moines et 11 frères convers à l'abbaye.

A la mort de Robert de Bavay en juillet 1782, Bruno Cloquette donne sa première voix à Dom Etienne Pourbaix parce qu'il n'en connaît pas de plus digne pour bien régir. Au vote, Dom Etienne Pourbaix obtiendra 16 voix contre 24 pour Dom Léonard Pirmez. [23] Ce dernier sera nommé en 1783 par l'empereur d'Autriche.

Sous son administration, l'abbaye doit contribuer à la rénovation du quartier du palais royal comme les autres abbayes de Brabant (chacune est censé construire un hôtel particulier autour de ce qui deviendra le parc de Bruxelles). Le 9 décembre 1781, les moines avaient voté l'octroi de 25 000 florins (+/- 115 000 €) pour les travaux du parc en exigeant de ne plus rien devoir d'autre au gouvernement autrichien. Quelques mois plus tard, l'abbaye acquiert un terrain du couvent du Coudenberg à l'est de la rue Héraldique[24]. Les moines font construire par l'architecte Montoyer, l'hôtel du ministre plénipotentiaire d'Autriche à la cour des Pays-Bas. En tout, ils dépenseront 182 000 florins (remboursables en 40 ans - +/- 814 000 €) et 44 000 florins pour les aménagements (citerne, glaces et meubles - +/- 203 000 €). En août 1784, le gouvernement autrichien devient propriétaire du bâtiment[25].

Le 7 juin 1784, Dom Léonard décède. De nouvelles élections ont lieu le 10 août. Dom Etienne Pourbaix, âgé de 53 ans, obtient 33 voix et Dom Bruno Cloquette, qui avait à l'époque la charge de lecteur, fut choisi comme second candidat car il avait obtenu 27 voix. Voici un extrait de la lettre qui est envoyée alors aux souverains:

Abbé Bruno Cloquette, dernier abbé de l'abbaye de Villers (1788-1794)

Madame et Monseigneur, Léonard Pirmez, que l'empereur avait nommé au mois de juillet 1783 abbé de l'abbaye de Villers, ordre de Cîteaux, dans la province de Brabant, n'a pas joui longtemps de cette dignité; il est mort le 7 juin dernier, fort regretté de ses religieux. Vos Altesses royales nous ayant chargé par lettres du 28 du même mois de nous rendre le plus tôt possible en cette abbaye pour y recueillir les voix des prieurs et religieux sur le choix d'un autre abbé, nous nous sommes acquittés de leurs ordres le 10 du présent mois d'août, en la forme usitée en pareil cas. Vos Altesses royales reconnaîtront.....; Que cette communauté est composée de 55 religieux profès; Que dom Et. de Pourbaix a obtenu le plus grand nombre de voix; Que dom Bruno Cloquette, natif d'Ath, âgé de 41 ans, profès de 22, a obtenu le second la pluralité des suffrages; Et que, avec dom Michel de Pierre....ils paraissent mériter, par préférence aux autres, les attentions favorables de Vos Altesses Royales. Tous trois ont déjà été compris dans le choix qui a été fait au mois de juillet 1782, à la mort de l'abbé Robert de Bavay; ils furent présentés alors et le sont encore aujourd'hui pour des religieux de mérite et ayant les qualités et les connaissances requises pour bien gouverner la maison...[26]

Cependant, Dom Etienne ne fut jamais nommé par l'empereur. On lira encore: Enfin, en 1788, Joseph II (qui se mêlait de toutes les affaires de ce type) dû se décider à pourvoir un certain nombre d'abbayes vacantes, dont Villers. Malheureusement, Dom Etienne était décédé entre-temps, Dom Bruno Cloquette fut élevé à la prélature.[27]. Dom Etienne ne fut jamais nommé pour des raisons politiques: les Etats de Brabant (composés des prélats - notamment l'abbé de Villers et l'abbé de Saint-Bernard, évêque d'Anvers -, nobles et députés des villes) avaient adressé des doléances à l'empereur en rapport avec toutes ses réformes pour limiter les pouvoirs et l'influence du religieux dans la société. Celui-ci rétorqua par le blocage de la nomination de certains abbés dont celui de Villers.

De la première révolution belge à la révolution française

Dom Bruno Cloquette fut donc nommé abbé de Villers. Il semble d'abord se plier aux diktats de l'empereur en envoyant ses novices au nouveau séminaire créé par l'empereur à Louvain, puis, en tant que membre des Etats de Brabant, s'opposa souvent à lui. Le gouvernement autrichien dissout les Etats et enferme les abbés dans Bruxelles. En août 1789, le colonel Vander Meersch lève une armée, les Patriotes"", qui battent les Autrichiens à la bataille de Turnhout (26 octobre 1789). Les Autrichiens, prenant peur, libèrent les abbés qui quittent la Belgique. La révolte grondent, les autorités autrichiennes plient bagage. Dans leur retraite vers Namur, les troupes autrichiennes pillent l'abbaye de Villers.

L'abbé Cloquette revient à Bruxelles où les Etats de Brabant se réunissent et actent une union avec les Etats de Flandres (30 novembre 1790). Une messe dans l'église Sainte-Gudule, célèbre la réunion à Bruxelles des Etats-Généraux. La messe est célébrée par l'archevêque de Malines, assisté notamment de l'abbé de Villers. Le 11 février 1791, les Etats Belgiques Unis sont fondés.

Les moines profitent de la paix retrouvée pour restaurer l'abbaye. Malheureusement, la paix ne dure guère et les tensions entre nouveaux dirigeants font revenir les autrichiens. Les représentants des Etats généraux, dont l'abbé Cloquette, fuient vers Breda. Lorsque l'archiduchesse Marie-Christine rentre à Bruxelles, il peut néanmoins rejoindre ses moines.

En 1794, les révolutionnaires français arrivent en Belgique. La population villersoise en profite pour piller l'abbaye pendant une quinzaine de jours. Le 5 Frimaire an V (25 novembre 1796), Philippe Ledrut, juge de paix du canton de Mellery constate la dévastation de cette maison, qui a resté (sic) pendant plus de quinze jours au pillage, et où il y avait des centaines de paysans qui arrachaient jusqu'aux portes.

Le XV Fructidor an IV (1 septembre 1796), une loi du Directoire avait supprimé les établissements religieux dans les neuf départements de la Belgique. En vertu de cette loi, des commissaires sont chargés de faire l'inventaire des biens des établissements religieux et de distribuer des bons de pension aux religieux. Le canton de Mellery entame ce travaille le 24 Brumaire an V (14 novembre 1796): le citoyen Berger est chargé de signer les bons de retraite et les citoyens Jean-Baptiste Adnet et Jacques-Jacob d'Hollers sont nommés gardiens de l'abbaye. Les biens précieux encore plus ou moins en place sont mis sous scellé dans la bibliothèque, l'église et la sacristie[28].

Les moines quittent l'abbaye le 23 Frimaire an V (13 décembre 1796) contraints et forcés. La communauté ne sera pas reconstituée. L'abbé Cloquette décède en 1828 dans sa ville natale de Ath. Dom Placide, le dernier moine, décède en 1852, curé à la paroisse de Rognée dans le diocèse de Namur.

Le XIXème siècle : privatisation

Premiers propriétaires

Le 5 Thermidor an V (25 juillet 1797), l'abbaye fut vendue en trois lots: l'abbaye en elle-même, le moulin et la ferme. Honoré-Achard Pinchaux de Nivelles acquiert les deux premiers lots; Jean-Louis Ruellens, ancien moine de l'abbaye de Groenendael, acquiert le troisième. Les boiseries (stalles, lutrins, autels, ...) devaient rester biens nationaux mais Pinchaux les fait partir vers Bruxelles. Il est poursuivit pour ce fait.

La Terrade, marchand de Saint-Omer, acquiert l'abbaye ensuite. Il avait déjà agit en tant que mandataire de Pinchaux. Il habite dans le quartier abbatial. La Terrade dépouille l'abbaye de certaines pierres et métaux pour payer son achat. Après premier exil de Napoléon à l'île d'Elbe, la colère des habitants de la région (soumis aux vexations du régime français puis impérial) font fuir La Terrade vers Bruxelles. Ils saccagent une nouvelle fois l'abbaye les 24 et 25 janvier 1814, sous la direction de Dom Norbert, ancien moine de l'abbaye et curé de Tangissart. Des poursuites seront dirigées contre eux (La Terrade estime le dommage à 88 000 francs) mais ils sont graciés par le gouverneur-général de la Belgique pour les alliés, le général baron de Horst, puis confirmés dans l'oubli des faits par Guillaume de Nassau.

Charles-Lambert Huart, verrier à Lodelinsart se porte acquéreur de l'abbaye. Il fait bâtir un pavillon sur l'ancienne porte de la Ferme. La ferme de l'abbaye est acquise par M. Glibert de Bruxelles.

Les ruines de l'abbaye

En 1855, la ligne de chemin de fer qui va couper l'abbaye est construite. Plusieurs artistes et auteurs apprécient l'aspect romantique de ces ruines. Victor Hugo les visite en 1862.

L'Etat belge exproprie les ruines pour en faire un domaine national. Des travaux de consolidation sont entrepris à partir de 1893 par l'architecte Charles Licot (notamment consolidation de l'église). Un débat oppose les partisans du maintien des ruines et les partisans d'une reconstruction. Avec la Première Guerre Mondiale, les travaux sont interrompus.

Un second chantier de consolidation est entamé en 1984.

Enfin, au début du XXIème siècle, un plan de développement global des trois entités (abbaye, moulin et ferme) est mis en oeuvre.

Notes et références

Notes

  1. Laurent restera moine à l'abbaye jusqu'à son décès en 1154.
  2. Cronica Villariensis
  3. De l'Histoire de l'Ordre de Cîteaux, par Dom Pierre Le Nain, p.49.
  4. Sur les photos de la Salle du Chapitre, on voit bien les arcs romans.
  5. L'abbé Arnulphe de Louvain, consulté sur la création d'un collège ouvert aux frères cisterciens à Paris, le collège Saint-Bernard, aurait eu ces mots: un moine ne doit pas enseigner mais pleurer.
  6. Quelques exceptions notables peut-être: Entre 1230 et 1250, l'abbaye de Villers produit un florilège d'auteurs classiques et patristiques, les Flores Paradisi. Quelques 14 000 citation sont collectées et classées soit selon les auteurs et les oeuvres, soit, de manière originale pour l'époque, par ordre alphabétique. D'autre part, Césaire, un moine entré à l'abbaye de Heistenbach en 1199 mais devenu prieur de Villers écrira plusieurs traités dont un gros ouvrage sous forme de dialogue en 1222 sur les miracles qu'il aurait vu lui-même.
  7. Dans l'Aisne en France.
  8. Près de Chalons dans la Marne.
  9. On s'interroge sur ce monastère. Peut-être l'abbaye de Saint-Rémy à Rochefort, une abbaye trappiste. Les trappistes sont une descendance (réforme) des cisterciens. Le nom officiel est Ordre cistercien de la stricte observance
  10. finition du cuir
  11. document attestant un droit ou un titre.
  12. unité de mesure d'environ 1850 litres soit 1295 kg de blé.
  13. Cette dotation consistait en rente de vin, de céréale ou de poisson pour les messes quotidiennes dites dans la chapelle.
  14. Le gros tournoi est une monnaie de 4,52 grammes d'argent soit 1 sou. La livre correspond à 20 sous. Une évaluation de la livre tournois pour 1314 donne 10 000 € de 2011.
  15. Radulphe, dans la chronique de Gembloux, tient un discours totalement opposé sur Martin de Huy: il aurait dilapidé les biens de l'abbaye à la cour du Duc et après s'être plaint auprès des supérieurs de l'Ordre, les moines l'auraient jeté en prison dont il serait sorti pour mourir frappé par la main de Dieu.
  16. Futur Collège de Villers de l'Université de Louvain, créée en 1660 et qui habrite aujourd'hui les Archives de l'Etat à Louvain.
  17. Cronica Villariensis
  18. Il s'agit d'une somme importante. Si l'on considère qu'il s'agit de florins du Brabant, ils ont une valeur légèrement supérieure à la livre tournoi qui devait valoir plus ou moins 15 euros au XVIème siècle.
  19. Près de 110.000 €.
  20. soit environ 35.000 €.
  21. Bulle du papa Clément VII du 12 février 1523.
  22. Nobles de Pays-Bas qui se révoltent contre l'autocratie des souverains espagnols.
  23. D'après Charles DEBAIVE dans Une figure athoise de la fin de l'ancien régime: Dom Bruno Cloquette, dernier abbé de Villers, p. 353.
  24. Cette rue, aujourd'hui disparue, coupait perpendiculairement la rue Belle-vue qui, élargie, est devenue la Place Royale.
  25. De l'autre côté de la rue, il y avait la Chambre Héraldique (d'où le nom de la rue). En 1820, Guillaume d'Orange réunira les deux bâtiments par une galerie, formant ainsi l'embryon du futur palais royal modifié et complété en 1904 par Léopold II. Sous la période française, le bâtiment construit par Villers servit de résidence aux préfets du département de la Dyle.
  26. extrait des archives générales du royaume.
  27. Charles DEBAIVE dans Une figure athoise de la fin de l'ancien régime: Dom Bruno Cloquette, dernier abbé de Villers, p. 358.
  28. L'inventaire cite notamment: deux mausolées en marbre gris, quinze grands tableaux, des tableaux abîmés de 33 abbés de Villers, douze statues en bois en morceaux, 3000 volumes dans la bibliothèque mais aucun complet.

Références et articles connexes

  • Monumenta Historiae Villarensis dans Monumenta Germaniae Historica inde ab anno Christi quingentesimo usque ad annum millesimum et quingentesimum de Georg Heinrich Pertz, Stuttgart, 1880. Ce document compile la Cronica Villarensis Monestarii de la fondation au XVème siècle, en plusieurs partie. Le première partie a été compilée sous l'abbé Arnulphe I de Louvain (vers 1250). Le seconde partie (Continuatio Prima) se termine avec l'abbatiat de Arnulphe II de Gestel (vers 1275). Continuatio secunda continue jusque 1333, suivie de la Continuatio Tertia Auctore Francone qui poursuit et enfin de la Continuatio Quarta qui se termine sous le magistère de Walter de Assche (vers 1450)0 Le document se poursuit avec Ex Gestis Sanctorum Villarensis, la geste des saints de Villers qui parle de certains moines et convers exemplaires de Villers.
  • De l'Histoire de l'Ordre de Cîteaux, Tome VIII, par Dom Pierre Le Nain, Paris, 1697, chez François Muguet.
  • L'ancienne abbaye de Villers: Histoire de l'abbaye et description de ses ruines par Alphonse Guillaume Ghislain Wauter, Bruxelles, Géruzet, 1856.
  • Notice historique et descriptive sur l'abbaye de Villers en Brabant de l'Ordre de Cîteaux, par J.J. Vos, Louvain, 1867.
  • Un texte en contexte, Les Flores Paradisi et le milieu culturel de Villers-en-Brabant dans la première moitié du XIIIe siècle., Thomas Falmagne, Turnhout, Brepols, 2001.



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