L'abbaye de Grandpré

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L’Abbaye de Grandpré est sise à Faulx-les-Tombes (maintenant commune de Gesves), dans la province de Namur. De l’ancienne abbaye cistercienne il ne subsiste que le portail d’entrée, les bâtiments de la ferme et le moulin. Le domaine est traversé par le Samson , rivière qui autrefois faisait tourner le moulin.


Sommaire

[modifier] Les domaines de Villers en Namurois

L'abbaye de Villers possédait, dans le Condroz Namurois, trois granges : à Grandpré (Faulx-les-Tombes), à Tronquoy (Wierde) et à Borsu (Gesves), et de vastes étendues de terre entre la Meuse, Dinant et Huy; vraissemblablement, ces donations avaient été faites par un ami de l'abbé Charles de Villers (1197-1209), sans doute l'avoué de Huy Walter ou son frère Lambert de Gesves.

Le 6 décembre 1209, Hugues, doyen de Saint-Aubain et chanoine de Notre-Dame à Namur, Godfroid Devile, Evrard d'Emines, et d'autres, confirmèrent, à l'abbaye de Villers, la possession de toute la terre de Gilbert de Wierde, in perpetuum, et comme alleu.

En juin 1210, Simon de Mozet, homme libre, et son fils Henry donnèrent à Villers tous leurs alleux de Mozet, Maizeroule et Ster : terres, forêts, eaux, prés, pâturages, etc., et deux personnes d'une familia : Marie de Faulx et sa fille Adam ; cette donation fut confirmée et précisée en 1221.

En 1220, Ermengarde, fille de Godfroid de Wierde, et sa fille Ida, autorisée par son tuteur Conon de Forrière, vendirent à l'abbaye de Villers, ce qu'elles possédaient dans l'alleu de Wierde, entre Montigny et Ockinsart.

En 1221, Alide, chanoinesse de Sainte-Begge, à Andenne, fille de Guillaume de Mozet, céda aussi à Villers, la part d'alleux qu'elle avait à Mozet, Ster et Faulx.

En octobre 1224, Hugues, évêque de Liège, attesta que Guillaume de Mozet, chevalier, avait vendu à l'abbé et au couvent de Villers, toute la forêt qui touchait à la grange de Grandpré, et qu'il tenait du seigneur Henri d'Argenteau et de son fils Renard, à cette date encore mineur d'âge; en attendant la majorité du dit Renard, Guillaume de Mozet mit aux mains de l'abbé de Villers soixante bonniers de terre (84 hectares), de son alleu de Mozet, quatre-vingt bonniers (112 hectares) de sa forêt située entre la Meuse et Mozet, dix charretées de foin de ses prairies à Mozet, quarante sols de blés de cens à Mozet, tout ce qu'il possédait à Maizeroule, vingt-cinq bonniers allodiaux près Bovent ?, huit bonniers de terre arable au même endroit, cinq bonniers de bois, vingt chapons, quarante-deux deniers de cens, une charretée de foin près de Landenne. Ces pièces de terrains étaient situées dans le bois d'Arche, entre Corioule et Ster, à Mozet (Faussurchamps, Ange de Vile, etc.), à Faulx (Ramsée), Maizeroule, etc... Le lundi de Pâques 1229, les tractations entre l'abbaye de Villers et Guillaume de Mozet furent confirmées par Henri et Renard d'Argenteau.

En septembre 1229, le domaine de Villers s'agrandit encore par l'achat fait, par l'abbé Guillaume, d'une terre appelée « Aulnoit », à la limite sud-est des communes actuelles de Faulx-les-Tombes et Gesves ; cette pièce appartenait au chapitre de Huy, et c'est sur elle que s'élèvera bientôt la nouvelle abbaye de Grandpré. En la même année, Godefroid de Wez fit don au monastère brabançon de tout ce qu'il possédait à Wez et de tout ce qui devait lui revenir jure hereditario en terres arables, en prés, bois, cens et masuirs.

D'autres acquêts, d'autres donations en cens et en rentes favorisèrent la puissante institution de Villers-la-Ville; ainsi nantie de censés aux Tombes (Trou Renard), à Fausse, à Maizeroule, à Spase, à Borsu, au Sart-Mathelet, de biens importants au Trieu d'Avillon-Fays, aux Loges, à Walhay, à Namur (le refuge), etc..., mesurant l'étendue des granges de Grandpré, du Tronquoy, de Wierde, l'abbaye de Villers voyait venir le moment de réaliser son projet de construction, dans le Condroz, d'un centre à la fois religieux et économique, pour sa prospérité à elle, et pour le bien des habitants de la région.

[modifier] Les granges

Dans son sens le plus général, le mot grangia signifie tout bâtiment destiné à l'exploitation agricole. Il s'applique donc à l'ensemble des bâtisses, greniers, etc., où résident les fonctionnaires chargés de l'administration et les agriculteurs, où sont prestées les redevances. Extérieurement, les granges cisterciennes offraient beaucoup de ressemblance avec les abbayes. La présence des instruments aratoires était le seul signe auquel on pouvait, au premier coup d’œil, les distinguer.

C'est dans des emplacements pareils, dans une forêt, tout au moins dans un endroit propice à la solitude et au recueillement (a frequentia populi semoto), que les cisterciens s'attachent à mettre pied.

Les terres constituaient les principales richesses de la grange et de l'abbaye dont elle dépendait...

A la grange, se voyaient un oratoire, un chauffoir, un dortoir, un réfectoire, un chapitre, etc... Les bâtiments, qui servaient à remiser les récoltes, avaient un caractère monumental (en moyenne 50 m. de longueur, 20 m. de largeur et de hauteur)...

La grange ne servait de demeure à aucun moine. Elle était habitée par des convers et des ouvriers libres (famuli), parfois des serfs qui acquéraient la liberté, en entrant au monastère. Les frères promettaient à l'abbé obéissance jusqu'à la mort. Tout ce personnel dépendait d'un grangiarius ou magister grangie, convers lui aussi. Il a droit à l'obéissance de tous les frères résidant dans la grange. Bref, sous la surveillance de l'Abbé, du cellerier et du chapitre, c'est-à-dire, de l'administration centrale, il concentre en ses mains toutes les fonctions économiques.

Les terres des granges consistaient en forêts, prairies et cultures... Une partie de ces terres était exploitée par le propriétaire de la grange, l'autre par les tenanciers ; par ailleurs, des terres étaient accensées à l'abbaye par des tiers, des nobles en particulier : ou accensées (affermées) par l'abbaye, à de petits cultivateurs, pour la plupart. C'est autour de ces granges qu'affluèrent les donations de terres, de cens, encore que les abbayes n'hésitèrent pas à acheter des immeubles qui devaient leur être profitables.

[modifier] Fondation de l'abbaye de Grandpré

L’Abbaye de Grandpré est sise à Faulx-les-Tombes.

Au XIIe siècle, il n’y avait qu’une grange érigée sur des terres appartenant à l’abbaye de Villers-en-Brabant. En 1231, un prieuré est créé et ce n'est que plus tard (à une date inconnue) que le prieuré prendra statut d'abbaye.

Mais Grandpré ne fut jamais ni florissante ni célèbre. Le nombre de moines ne dépassa jamais la vingtaine, même si l’abbaye possédait une dizaine de fermes dans les environs. Il ne semble pas que Grandpré ait jamais fait aucune fondation. Suivant le système traditionnel de filiation elle resta Abbaye-fille de Villers-en-Brabant.

Avant de partir en Croisade contre les Albigeois, Philippe II de Courtenay, comte de Namur, autorisa l'érection d'une abbaye cistercienne sur ses terres, mais la chose ne put être effective qu'après sa mort. En 1226, sa sœur aînée, Marguerite de Courtenay, épouse d'Henri de Vianden, prit contact avec l'abbé de Villers-la-Ville, Guillaume de Bruxelles (1221-1237). Suite à la demande de la comtesse de fonder une abbaye cistercienne dans le Namurois, le chapitre de Cîteaux de 1230 chargea les abbés de Cambron et d'Aulne d'aller se rendre compte sur place si le lieu proposé et les circonstances en permettaient l'érection. Dans l'affirmative, ils devaient ordonner à Villers de l'autorité du chapitre général, d'y envoyer une communauté. Guillaume accède à son désir et envoie l'abbé Jean et 12 moines faire une nouvelle fondation sur le territoire de Mozet au lieu dit Grand-Prez à Faulx.

L'An de l'Incarnation du Seigneur 1231, en la fête de l'Assomption de la Sainte Vierge, a été fondée l'abbaye de Grandpré, par Marguerite, Comtesse de Vienne, au moyen des biens qu'avait établi dans ce but. son frère Philippe, Comte de Namur, qui, ayant pris la croix contre les hérétiques albigeois, mourut en chemin et fut enterré à Vaucelles ; à cette abbaye, douze moines avec un abbé furent envoyés de Villers, par l'Abbé Guillaume, le 11 août de l'année 1231; comme ils approchaient de Namur, le clergé de la ville, avec le peuple, alla à leur rencontre en procession, il les reçut avec une grande ferveur, et les conduisit au lieu de Grandpré.

L'accord signé le 1er août 123l entre Villers et la comtesse Marguerite décrivait l'échange des terres et des biens entre les deux parties. Villers cédait ses possessions, sises au-delà de la Meuse près de Tronquoy, Borsu et Grandpré avec leurs dépendances, de même que ses propriétés entre Dinant et Huy. En contrepartie les moines villersois recevaient quatre cents bonniers consistant en septante et un bonniers moins un journal près d'Ostin , à proximité de la grange qu'ils détenaient déjà et trois cent vingt neuf bonniers et un journal dans les bois de la Marlagne .

...Henri, Marquis de Namur et Comte de Vienne, et Marguerite, Marquise et Comtesse, son épouse... faisons savoir que, comme, par échange, nous avons reçu de l'abbé et du couvent de Villers et l'Ordre Cistercien, du diocèse de Liège, toutes les possessions que la dite abbaye de Villers avait à Grandpré, à Tronquoy et à Borsu, avec leurs appendices, et ce qu'elle avait de ce côté de la Meuse, entre Dinant Huy et la Meuse. Nous avons transporté les dites possessions, totalement, librement et absolument, en alleu perpétuel et libre, à l'abbaye de Grandpré que nous fondons, selon le legs de notre très cher prédécesseui et frère Philippe, de bonne mémoire, autrefois Marquis de Namur pour les âmes de tous nos prédécesseurs et les nôtres.

Ainsi, la donation du domaine et des revenus étant réalisée, l'établissement de l'abbaye de Grandpré pouvait être envisagé.

Le 15 août 1231, les moines, escortés par le peuple chrétien de Namur, arrivèrent à Grandpré. Le 608e monastère cistercien d'hommes était fondé, sous le vocable de Notre-Dame de Grandpré.

En février 1232, Ferrand, comte de Flandre et de Hainaut, et sa femme Jeanne, confirmèrent la fondation de l'abbaye, de même que Baudouin, empereur de Constantinople et comte de Namur, qui, ayant besoin d'argent pour son expédition en Orient, vendit aux religieux de Grandpré cent et cinquante bonniers de bois.

Grâce à la ferveur des princes et des nobles, au concours généreux du peuple, à l'ascendant qu'exerçait l'abbé Jean, le monastère fut rapidement bâti ; un an après l'arrivée des religieux, Jean d'Aps, évêque de Liège, consacrait l'église de l'abbaye.

[modifier] Vie de l'abbaye de Grandpré

Au jour de la fondation de Grandpré, écrit Dom Canivez, tout ce coin de terre était d'aspect sauvage, mais la ténacité des moines le transforma en une riche vallée. Il serait téméraire de penser que l'abbaye qu'ils construisirent revêtit l'ampleur et le faste de l'abbaye-mère de Villers, ou de celle des Prémontrés de Floreffe. Il n'empêche que les religieux de Grandpré, ayant habité Villers, avaient un modèle dont ils pouvaient s'inspirer.

L'abbaye de Grandpré dans l'album du Duc de Croÿ

Un recueil intitulé Les Beautés du pays de Namur exécuté par les ordres du Duc de Croÿ, à la fin du XVIe siècle, contient une planche représentant l'abbaye de Grandpré telle que les artistes l'ont vue à cette époque ; elle montre un édifice très grand, assez prestigieux, qui devait retenir l'attention des habitants et des visiteurs du temps.

Grammaye, lui aussi, a tracé, en 1608, une gravure de l'abbaye. Saumery, dans Les Délices du pays de Liège et de la Comté de Namur, publia, en 1744, une gravure de l'abbaye, plus simple de lignes que celle du Duc de Croÿ; et il enrobe cette gravure d'une description minutieuse du monastère, description que d'aucuns peuvent trouver un peu pompeuse et fantaisiste ; mais les relevés que l'on pourrait faire et que l'on fait, des abbayes actuelles, qui ont échappé à la Révolution française ou ont été restaurées, ne pourraient-ils pas témoigner de la splendeur qui les anima ?

Si les documents photographiques sont différents, c'est parce que, vers 1740 les Hollandais pillèrent l'abbaye, enfoncèrent les portes à coups de ruades de leurs chevaux, brisèrent les cloches, chassèrent les religieux, et mirent à sac l'abbaye ; celle-ci subit une transformation importante en 1771.

[modifier] Territoire

Sitôt les moines de Villers installés à Grandpré, ils mirent tout en œuvre pour préciser leur patrimoine initial et le développer, grâce à des donations faites en leur faveur, ou à des acquêts. Outre les possessions déjà mentionnées dans la fondation du monastère, l'abbé de Villers tenait de Jacques de Walhay (Ohey) un fief de 12 bonniers et de 12 sous liégeois de rente à Borsu (Gesves).

En 1231 déjà, année de la fondation, Henri, comte de Namur et de Vianden, et Marguerite, sa femme, firent savoir à leurs bailli, échevins et bourgeois de Biervliet qu'ils avaient donné à l'abbaye de Grandpré 200 livres de revenus annuels à prélever sur des terres à Biervliet. (2)

En 1232, Guillaume de Mozet et sa femme cédèrent aux moines de Grandpré 12 bonniers de terre de leurs cultures de Mozet, et cela en présence de l'abbé, du prieur et du frère-convers Gosuin, sans doute maître de la grange de Grandpré; l'acte fut passé dans le verger situé près de l'église de Mozet, étant témoins Guidon, prieur de Géronsart; Condulfe et Acolde, prêtres de Mozet; f. Théodore de Malèves, maître de l'hôpital Saint-Christophe à Liège; le seigneur Thierry de Faulx et beaucoup d'autres personnages; l'usufruit de la donation devait revenir à Guillaume de Mozet, jusqu'à sa mort.

En 1235, le comte de Namur Henri et sa femme notifièrent que leur féal Corin, chevalier, ancien châtelain de Samson, avait vendu à Grandpré 5 bonniers de bruyère à Hanret, qu'il tenait en fief d'eux; ils certifièrent, en outre, la donation de biens situés à Wierde et Ramesée par Gérard ou Renier Sohet, chevalier.

En 1236 et 1238, Robert de Gesves et ses enfants donnèrent à Grand-pré leurs alleux de Florée et leurs terres dans la campagne entre Gesves et Gramptinne.

En 1238, Jean, doyen de Ciney, de la famille seigneuriale de Gesves, céda aussi ses biens sis aux mêmes endroits.

En 1242, le jour de la vigile de saint Marc, il fut confirmé par un document rédigé à Mont-Sainte-Marie, que les bois d'Arche et de la Ramsée appartenaient à l'abbaye de Grandpré, venant à celle-ci d'Arnould et Guillaume de Mozet.

1239 : Baudouin, comte de Namur, a vendu à Grandpré 160 bonniers du bois de Jettefolz, près de Cognelée.

En 1243, au mois de mai, on précisa que le bois de Maizeroule était possédé par le monastère, et non par Simon, « laïque » de Mozet.

Le vendredi après la fête de sainte Marie-Madeleine de la même année, à Liège, il fut déclaré que le bois de Ster, bien de l'abbaye, était délimité par le lieu-dit Bruyères, du côté de Corioule, et par la villa de Wierde.

En 1247, le dimanche dans l'octave de l'Assomption, Henri, abbé de Saint-Laurent, à Liège, vendit au monastère, pour 10 marcs et demi liégeois, tous les « stalla » des moulins, toutes les terres, tous les cens de capon et de prés, et tout ce qui leur appartenait dans la paroisse de la ville de Faulx, Mozet et Wierde.

En 1251, un accord intervint entre Jean, abbé de Grandpré, et Guillaume et Gérard de Hanret, frères, au sujet de leurs biens situés à Hanrct et à Wasseige.

Le 26 octobre 1253, Thierry de Faulz, Gérard, Guillaume et Jean, ses frères, ont spontanément abandonné à l'abbaye de Grandpré tous leurs droits sur la forêt de Ramesée, sur le pré de la Mayeurerie et celui de la Foresterie, sur un arpent de terre de la Maladrerie, des pièces de terre aux Tombes, en Ramesée et en Pirechtimps.

Le mardi après le dimanche Cantate 1254, Renaud, seigneur d'Argenteau, reconnut que la forêt d'Arche, sur laquelle une partie de l'abbaye de Grandpré et une partie clé la grange, appelée Ster, étaient construites, appartenait à l'abbaye de Villers, qui l'avait acquise de Guillaume de Mozet, et cela du consentement clé son père, Henri d'Argenteau; le tuteur de Renaud avait été Th., seigneur d'Houffalize.

En 1256 vente du fief de Spasse, accomplie par Guillaume, fils de Warnier, en faveur clé l'abbaye. En décembre 1270, donation de Thierry de Profondeville.

Le 17 juillet 1272, jugement prononcé à l'avantage de Grandpré, contre Guillaume de Dongelberg, chevalier, au sujet de 120 bonniers de bois situés entre Corioule et Ster.

En 1277, l'abbaye de Grandpré acheta le fief de Florée à Jean de Bornai.

En 1283, la seigneurie foncière, constituée sur le plateau de Spinoit, en face de l'église de Gesves, fut vendue au monastère de Grandpré, par Arnold et Guillaume de Gramptinne.

Le 10 janvier 1284, un accord fut conclu entre Gui, comte de Flandre et marquis de Namur, et les religieux de Grandpré, à propos de la haute-justice des alleux de Wierde et des serfs de N.-D. de Grandpré.

En 1300, Jean, comte de Namur, prit sous sa protection les religieux et les biens de Grandpré.

Le 9 juin 1322, Jean de Baulet, bailli du domaine de Fleurus, fit savoir que Thirion, dit Bodet, avait vendu au couvent de Grandpré quelques tenures quïl possédait en franc-alleu, sans doute à Vieille-Maison.

1375, Gérard, abbé de Grandpré et son couvent, d'une part, et Renier de Wierde, d'autre part, voulant mettre un terme à leurs différends, firent l'arrangement suivant : les premiers cédèrent à Renier leur part dans les rentes qu'ils percevaient conjointement avec lui à Wez, Faulx, Wierde et Sart-Bcrnard, et reprirent ce qu'il tenait d'eux, à savoir le manoir, situé près du moutier à Wierde, le jardin et les autres dépendances, plus un bonnier de pré devant le dit manoir. Cet arrangement fut fait avec le consentement du comte de Namur, dont les dites rentes étaient tenues en fief.

L'abbaye de Grandpré possédait aussi, à Mont-Sainte-Marie, un fief Guillaume de Mozct, et cela du consentement de son père, Henri d'Argenteau; le tuteur de Renaud avait été Th., seigneur d'Houffalize.

En 1256 vente du fief de Spassc, accomplie par Guillaume, fils de Warnier, en faveur de l'abbaye.

En décembre 1270, donation de Thierry de Profondeville. (14) d'une dizaine de bonniers de terre, qui, vraisemblablement, avaient appartenu autrefois au chevalier Henri de Bornai, puis à Henri de Bornai et Gilles de Melleroy, vers 1380 ; ces terrains, ne trouvant personne pour en faire relief, furent relevés, la première fois, d'après les archives, en 1454, par l'abbé de Grandpré ; ils étaient venus en mains de l'abbé par transport de Henri de Jamblines et livré comme mambour Alyanne le Niquet, au lieu de Lambert Sclatin, décédé. Ce fief fut relevé par les abbés, au cours des siècles.

Le 24 mai 1509, Dom Nicole de Niquet, abbé de Grandpré, céda une terre du hameau Les Loges, à Georges Stassinoit.

Le 30 août 1525, l'abbé Pierre Emmens transporta à l'abbaye de Boneffe, la maison de Jettefolz.

Le 18 août 1731, Bernard Petit, abbé de Grandpré, et Bernard de Barsy, représentant Jean de Muller, firent un accord au sujet de la seigneurie de Trieu-Avillon-Fays ; le monastère en devint propriétaire, après amortissement, le 25 mai 1735. Cette seigneurie fut relevée par les abbés qui se succédèrent à Grandpré. Ce rapide aperçu sur les donations et acquisitions en faveur de l'abbaye clé Grandpré, donne une idée de l'importance de sa propriété foncière; les éléments qui la composent seront repris à l'article suivant d'une façon plus complète, quand il sera traité de l'administration du domaine foncier de Grandpré.

[modifier] Fin de l'abbaye

La révolution française touche nos régions et Grandpré va subire le sort des biens de l'Eglise et être confisquée par l'Etat. Elle servit d'abord de refuge a 800 malades . Le 9 Thermidor de l’An III, l'administration d'arrondissement de Namur permit à l'abbaye de gérer ses biens elle-même.

Le mobilier fut pillé en 1792 et les bois furent dévastés par les armées qui de plus enlevèrent archives et documents. Elle est ensuite vendue à la chandelle comme biens nationaux le 29 germinal de l’an V (18 avril 1797). Quelques religieux restèrent à l'abbaye jusqu'en 1808-1809. Le premier acquéreur est un français, Jean-Baptiste Paulée demeurant à Paris. Le procès verbal d’adjudication du Département de Sambre et Meuse, établit la liste des biens vendus comme suit : Une maison conventuelle, église, cloitre et batiments de basse-cour, un moulin à farine avec l’habitation du meunier, écurie et étables, un moulin à huile, quatorze bonniers de jardins, vergers et prairies,quarante bonniers de terre labourable.

Très rapidement le bien change de main en 1812 et devient la propriété d’un autre français, Mr Castille.

C’est dans cette période de bouleversement faisant suite à la révolution française, que les premiers propriétaires semblent avoir utilisé l’abbaye de Grandpré comme une carrière. C’est de cette période que date la destruction de l’Eglise, du cloître, et des bâtiments conventuels. Le bien a nouveau change de propriétaire et est acquit par le baron de Stassart, président du Sénat et gouverneur de la province de Namur. Ce dernier cède en 1832 la propriété de Grandpré a la famille Legrand.

Le 20 décembre 1832, le notaire Ferdinand-Joseph Michaux, notaire à Namur, acte la vente de Grandpré en faveur Madame Marie Catherine Joseph Minot, veuve de Lambert Joseph Legrand. Le domaine de Grandpré reste dans cette famille depuis cette date. Le domaine agricole jusque dans les années 1950 est géré en métayage.

[modifier] Notes et références



Abbaye - Histoire de l'abbaye - Les domaines de l'abbaye de Villers - Chronologie des abbés de Villers - Les abbayes-filles de Villers-en-Brabant


Les Abbayes-Filles de Villers :

Moines : L'abbaye de Grandpré - L'abbaye de Saint-Bernard-sur-l'Escaut - L'abbaye de Moulins-Warnant

Moniales : L'abbaye de la Cambre - L'abbaye de Valduc - L'abbaye de Binderen - L'abbaye de Wauthier-Braine - L'abbaye d'Argenton - L'abbaye de Florival

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