L'abbaye de la Cambre

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L' abbaye de la Cambre (en néerlandais: Abdij Ter Kameren), est un monastère de moniales cisterciennes nobles, fondé en 1201 à la source du Maelbeek qui se jette dans la Senne à Bruxelles, supprimé à la révolution française], et vendu comme bien national en 1796. Autrefois hors de la ville, elle est aujourd'hui située sur le territoire de la commune d'Ixelles.

Elle est composée de deux noyaux :

  • le cloître avec l'église, le réfectoire et l'aile de la salle capitulaire qui sont d'une architecture moyenâgeuse et monastique.
  • le quartier de l'abbesse de caractère plus civil avec sa cour d'honneur, le palais abbatial, le presbytère, les écuries et les autres dépendances. C'est une architecture du XVIIIe siècle.

Sommaire

[modifier] Histoire

L'abbaye est fondée vers 1201, avec l'appui des moines de l'abbaye de Villers, par une Dame noble, Gisèle[1], qui adopta la règle de l'ordre de Cîteaux. En 1201, elle reçut de Henri Ier, duc de Brabant les Étangs d'Ixelles, un moulin à eau et l'enclos environnant le monastère. En 1203 le pape Grégoire IX confirme la fondation sous le nom de Chambre de Notre-Dame (La Cambre). L'abbaye est placée sous l'autorité spirituelle de l'abbaye de Villers.

L'autorité passera un temps à l'abbaye de Clairvaux puis de nouveau à Villers avec l'abbé Hortebeek (1554-1568)pour terminer sous la supervision de l'abbaye de Cambron.

Le XIIIe est un siècle de grand rayonnement spirituel : saint Boniface de Bruxelles (1182-1260), natif d'Ixelles, chanoine de Sainte-Gudule (future cathédrale de Bruxelles), professeur de théologie à Paris et évêque de Lausanne (1231), y vivra les 18 dernières années de sa vie et sera enterré dans l'église. À la même époque Alice de Schaerbeek, sainte Alix,] y était une jeune moniale lépreuse et mystique, et y mourut le 12 juin 1250[2].

Le XIVe siècle fut difficile. Proche de la ville de Bruxelles, mais hors de son enceinte et donc non protégée, l'abbaye fut souvent victime de pillages. Les moniales se réfugiaient alors à Bruxelles. En 1381 un incendie causé par des pillards détruit une bonne partie des bâtiments.

En 1400 l'église que nous connaissons aujourd'hui sort de terre. De style gothique elle garde cependant la marque de la sobriété cistercienne.

Au XVIe siècle quelques événements importants eurent lieu à l'abbaye. En 1559 Maximilien de Berghes y est consacré évêque de Cambrai. Le 28 juin 1568 c'est à La Cambre que se réfugia la veuve du Comte d'Egmont (avec ses 11 enfants) après l'exécution de son mari. En 1581: nouveau saccage, cette fois par les Calvinistes.

En 1599 les moniales rentrent à l'abbaye après un long exil à Bruxelles. Le XVIIe siècle est un siècle de prospérité et restauration. Au XVIIIe: désir de grandeur et luxe conduisent les abbesses à reconstruire tout l'ensemble dans le style français en honneur à l'époque: superbes jardins en gradins, escaliers monumentaux, cour d'honneur avec portail.

En 1796, elle est vendue comme bien national, change trois fois de mains et devient fabrique de betteraves puis de coton[3].

[modifier] Liste des abbesses

Pendant 600 ans 41 abbesses se succéderont à la tête de l'abbaye cistercienne de La Cambre.

  • 1202 : Gertrude
  • 1229 : Oda
  • Ermentrude
  • 1245 : Marguerite I de Biest
  • Alix I
  • Marguerite II
  • 1291 : Ermengarde
  • Alix II de Froidmont
  • Marguerite III
  • Élisabeth d'Yssche
  • Élisabeth III Poots
  • Marie I Scotelvloets
  • Ida
  • Alix III
  • Hedwige t'Swaefs
  • Marie II van Tienen
  • Alix IV
  • Catherine I Thys
  • Élisabeth IV
  • 1421-†1430 : Élisabeth V du Mont
  • †1442 : Marie III Belande
  • †1444 : Marie IV de Ligne
  • Catherine II van Assche
  • †1477 : Marguerite IV s'Mols
  • †1490 : Jeanne s'Mols
  • †1512 : Marie V s'Mols
  • 1519-†1556 : Élisabeth VI van den Berghen
  • 1540-1554 : Madeleine d'Ittre
  • 1554-1557 : Marie de Barbançon ou de Ligne
  • 1557-1562 : Anne van der Cam
  • Barbe de Taxis, déposée par l'abbé de Cîteaux, Edme de la Croix en septembre 1593
  • 1593-1599 : Catherine d'Ittre
  • 1599-1642 : Jeanne de Henin, de Weert
  • 1642-1668 : Marie Rovelly
  • 1668-1683 : Françoise de Boussu
  • 1683-1709 : Isabelle-Claire-Eugénie van Grobbendonck
  • 1712-1718 : Ernestine de Gand
  • 1718-1735 : Louise de Liano ou Dellano y Velasco
  • 1735-1756 : Benoîte Anthony
  • 1757-12 mai 1794 : Séraphine Snoy

[modifier] Après la suppression

Après la suppression de l'abbaye comme communauté monastique, les bâtiments furent utilisés pour différentes activités:

  • Hôpital militaire à plusieurs reprises sous la Révolution, on y soignait les victimes des combats.
  • Manufacture de coton pendant cinq ans.
  • Dépôt de mendicité jusqu'à la fin du XIXe siècle où l'on rassemblait hommes, femmes, enfants, malades, infirmes, aliénés mentaux et même des délinquants.
  • Entre 1870 et 1909, l'École royale militaire occupe l’entièreté du site et installe dans l'église un gymnase et une salle de jeu. Le cloître devient le réfectoire et sa galerie un préau tandis que la cour d'honneur devient un manège extérieur et les jardins en terrasse une plaine d'exercice[4].
  • Occupée par les soldats allemands qui s'y cantonnèrent durant la Première Guerre mondiale. Après leur passage, l'abbaye se retrouva ruinée.
  • En 1921, la Ligue des amis de la Cambre s'y installe pour ainsi préserver l'abbaye.
  • Henry Van de Velde obtint l'autorisation d'y ouvrir un Institut Supérieur des Arts Décoratifs (aujourd'hui École nationale supérieure des arts visuels) dans l'enceinte abbatiale.

L'École nationale supérieure des arts visuels] de la Cambre (dont la direction et le secrétariat de l'école dans le bâtiment 21, avec les options d'art de Céramique, Gravure, Reliure, Sérigraphie, Communication graphique, Typographie ainsi que l'imprimerie ancienne et les options de Sculpture, Dessin, Design Industriel, Scénographie, dans le bâtiment 14. Le reste de l'école se trouvant au 427 de l'avenue Louise et au bâtiment Vandevelde, avenue Franklin Roosevelt) et l'Institut géographique national ont pris leurs quartiers sur le site de l'abbaye.

[modifier] Description

L'abbaye est entourée au sud par l'avenue Émile Demot, à l'est par l'avenue Émile Duray et au nord par le square de la Croix-Rouge.

[modifier] La porte d'entrée

Le portail d'entrée du XVIIIe est monumental. Il est cintré avec des bandeaux, flanqué de deux colonnes doriques et surmonté d'un fronton triangulaire brisé. Dans le fronton se trouvent les armoiries de la dernière abbesse, Séraphine Snoy que l'on retrouve à maints endroits du site.

[modifier] La cour d'honneur

La cour d'honneur, transformée en parking, frappe par la symétrie et la régularité des constructions qui l'encadrent. Elle est de style classique. Le palais abbatial, au fond, est de style Louis XV. Il se partage en trois parties : la partie centrale avec perron et fronton triangulaire et les deux parties latérales avec porte cochère et fronton circulaire. La toiture possède quatre lucarnes. Le nom de l'architecte de cette cour n'est pas connu.

[modifier] L'église

L'église de la Cambre date du XIVe siècle. De style ogival, elle appartient à l'époque de transition entre le style gothique rayonnant et le style gothique flamboyant. Le gâble de la façade est décoré de feuilles de chou frisé et terminé par un fleuron. Dans la partie supérieure du mur, trois niches trilobées avec quatre statues sont encastrées.

[modifier] Le cloître

Le cloître se trouve au sud de l'église comme le voulait la règle cistercienne. Il fut reconstruit en 1599. Les fenêtres des galeries ont des vitraux avec les armoiries des abbesses ou des blasons de quelques religieuses nobles. Dans le petit jardin public, il y a un petit étang avec une des sources du Maelbeek.

[modifier] Les jardins étagés

Les jardins étagés à la française se composent de cinq terrasses successives. Ils ont été réaménagés en 1924 dans leur état primitif. L'escalier est monumental avec deux énormes piliers à bossages, accostés de volutes et surmontés de vases. La visite du site et l'accès au jardin et à l'église sont libres. L'église est église paroissiale et est ouverte au public.

Ces jardins sont classés au patrimoine protégé par la Région de Bruxelles-Capitale depuis le 30 mars 1989[5].

[modifier] Notes et référence

  1. Selon certaines sources, elle était religieuse bénédictine mais voulut quitter cet habit contre celui des cisterciennes. Ceci provoqua un tollé qui la fit se réfugier auprès de l'abbé de Villers qui l'aida à créer le monastère.
  2. Histoire de la ville de Bruxelles, Alexandre Henne, Alphonse Guillaume Ghislain Wauters
  3. http://www.freepub.be/doc/Ambulance_Cambre.pdf
  4. Histoire de l’École militaire, 1834-1934, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1935
  5. Arrêté royal classant comme monument les jardins de l'abbaye de la Cambre



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