Les domaines de l'abbaye de Villers

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Sommaire

[modifier] Les premières terres

Les premières terres de la futur abbaye de Villers ont été offerte à l'Ordre cistercien par Gauthier Ier, Seigneur de Marbais, et sa mère Judith. Il s'agit de 8 bonniers[1] de terres labourable et de champs incultes du alleu de Villers, dans le nord des terres de Marbais. L'abbesse Oda II de Nivelles offrit également à Saint Bernard, lors d'une visite de celui-ci vers 1147, le bois d'Hez et à peu près 200 bonniers de terre à l'est de Genappe.

Les dons vont rapidement affluer. Sous l'abbatiat du deuxième abbé, Gérald, le pape Eugène III confirme les possessions de l'abbaye par une bulle du 5 mai 1147. Il y déclare la pleine possession et l'inviolabilité des terres suivante: Neuf-Sart, le bois situé au delà de la rivière, les terres offertes en don par Anselme et Englebert, la terre de Germinum trohum[2], la terre de Hubalmont[3], la terre du châtelain Alard, de Henri et du pauvre Hugues.

Lorsque Saint Bernard propose aux moines de déménager vers le fond de la vallée de la Thyle, l'abbé Wascelin de Florennes, qui avait quelques terres dans le coin, les cède à la nouvelle abbaye.

[modifier] Domaines agricoles de l'abbaye

[modifier] Les fermes et granges

Odelin, quatrième abbé, reçut cent bonniers (ou 200 selon les sources)[4] de terre inculte de l'abbesse Ade de Nivelles.

En 1160, l'abbaye reçoit de Englebert de Schooten, son alleu de Schooten, près d'Anvers, avec les eaux, terres, bois, prés et paturages, et tout ce qui était de sa famille parmi le Lothier, réservé seulement trois filles qu'il avait donné à l'église du lieu. Le don est confirmé par Godefroid III, Duc de Brabant. Elle reçoit également de la comtesse de Looz, Agnès, le alleu de Hez (près de Hasselt) et de Siger de Gand, elle reçoit des biens considérables. Terres auxquelles il faut ajouter une ferme dite de Beaufays ou Fleppe léguée par Guillaume de Bierbais, les fermes du Tronquoi et de Chessart (Chassart).

En 1184, Henri I de Brabant concède à l'abbaye une charte d'immunité extraordinaire (protection contre les exactions séculaires). Dans cette charte sont citées certaines donations du monastère parmi lesquelles les alleux de Villers, Thorembais, Rehorsart[5], Ramelies, Hardorp, Opprebais[6], les granges de Gemiontrau, Bernisart, la Boverie, Stoysy, Emelemont[7], Lompret[8] et Schoten. Le pape Alexandre III confirme également ses privilèges en condamnant notamment toute atteinte aux biens de l'abbaye et en interdisant toute église dans un rayon de mille lieues autour de Villers qui pourrait nuire à la prospérité de l'abbaye.

Guillaume Ier, septième abbé, acquiert une ferme à Dhuy et des terres à Fymay (Fumay ?). Sous l'abbatiat de Charles de Sayn, l'abbaye acquiert le village de Mellery. L'abbé Charles fait reconstruire la ferme du Chenoy. Il acquiert des biens à Louringe (?) et reçoit des vignes sur les bords du Rhin et de la Moselle, des pêcheries dans la Sambre et des revenus à Dordrecht (près de Rotterdam).

En 1197, Henri de Brabant confirme par une charte les libéralités de plusieurs seigneurs en faveur de l'abbaye, parmi lesquels Arnulphe de Gembloux, Guillaume de Glabais, Guillaume d'Aerschot, Baudouin de Loupoigne, Béatrix de Limal, Guillaume de Bierbais (fermes de Chessart, du Troncquoy[9], de Geronvillers[10], Beaufays, ...).

En 1231, l'abbaye reçoit du Duc de Brabant, une rente de 12 livres de Louvain sur le produit de la halle du draps d'Anvers. Il lève également tous les impôts sur les biens du monastère à Thorembais et Cokeamont (Cocriamont ?). Henri, duc de Limbourg, fait de même pour les biens sur Thielt et Beauchin (Beauvechain).

Au milieu du XIIème siècle, l'abbaye fait construire une ferme à Scalwiet en Hollande.

Vers 1270, l'abbé Arnulphe achète la ferme de Maugré (Baisy). L'abbaye y gérera aussi la ferme de Bongré. Vers la même époque sans doute, elle acquiert la ferme de la Hutte (Fosse-la-ville) et une grange à Ligny.

En 1755, le plaid de Villers reprend les différentes possessions de l'abbaye dans l'entité:

  • Le Petit-Trois-Mez de 11 bonniers;
  • Le Grand-Trois-Mez de 30 bonniers;
  • La cense de la Boverie de 34 bonniers;
  • La cense du Jardin de 10 bonniers;
  • La Basse-Cour de 41 bonniers;

et divers autres bois et prairies.

[modifier] La dîme et autres droits seigneuriaux

L'abbaye de Villers percevait également la dîme (impôt d'un dixièmes des revenus) d'un grand nombre de villages ou paroisses même si elle n'avait pas directement le patronat sur ces villages. Un bref de Innocent IV du 1 mars 1244 cite notamment: Los, Hex, Montebeke, Dyppembeke (Diepenbeek près d'Hasselt), Folh, Ramelgeis (Ramillies, près de Jodoigne), Toruines les Odons (Tourinnes-les-Ourdons dans l'entité de Tourinnes-Saint-Lambert), Toruines les theis (Tourinnes-la-Grosse), Wastines (Malèves-Sainte-Marie-Wastinnes), Bossut, Noville Saint-Philibert (Noville-sur-Mehaigne près d'Eghezée), Noville francorum hominum (Noville-les-Bois à Fernelmont), Otreppe (près de Bierwart), Villa Sancti Germani (Saint-Germain près de Eghezée ?), Corinnes (hameau de Sart-Dame-Avelines), Villers-Perwin, Baisy, Pontelges (Pontailles à Houtain-le-Val), Buzet, Sarto Ostonis, Mellery, Malevie, Limal, Mostiers (Céroux-Mousty), Mons (Blanmont ?), Tongrinnes, Brugod, Hupingi (Upigny près d'Eghezée), Heppengeis, Birbais (Bierbais), Court-Saint-Etienne, Maroten, Buchele, Thorembais, Villa Sancti Martini, Ways, Houtain, Tilly, Fimaim et Maini.

En 1588, l'abbaye doit renoncer à ses droits seigneuriaux sur Mont-Saint-André près de Jodoigne ainsi qu'à Gistoux. Dans ces années troubles, elle vend également des fermes d'Ostin (à Villers-lez-Heest près de Gembloux) et de Haute-Matigniée dans le namurois.

En 1597, l'abbé Henrion doit se séparer de seigneuries à Gentinnes, Saint-Géry et Villeroux mais acquiert de l'abbaye de Gembloux le village de Mellery.

Dans un relevé des comptes de l'abbaye au XVIIIème siècle, quatre proviseurs géraient les quatre parties des biens de l'abbaye: la bourserie, la recette de Mellemont, la recette de Schooten et le collège de Villers à Louvain.

  • La bourserie reprend les biens produits dans le voisinage de l'abbaye (soit 26342 florins à la veille de la suppression de l'abbaye - +/- 122 000 €).
  • La recette de Mellemont comprend, entre autres, les seigneuries de Sainte-Marie, Thorembais-les-Béguines et Glatigny, Ramillies, Geest-Saint-Denis, Petit-Hallez, Opprebais, Sart-Resbarbe.
  • La recette de Schooten comprend les fermes de Schooten, de Schilde, de Steenhoeve à s'Gravenwezel et de Rinkven.

[modifier] Les propriétés dans les villes

Nous savons que l'abbaye possédait des maisons (refuges) notamment à Louvain, Bruxelles, Malines, Lierre, Anvers et Namur.

[modifier] Les premières maisons

La maison de Malines est connue dès 1250. Elle a été reconstruite complètement sous l'abbé François de Vleeschouwer (1569-1587). En 1254, l'abaye reçu une maison à Anvers, rue des Flamands, de la part du sous-diacre Jean, fils du maire Nicolas. Dom Calaber l'abandonna pour une plus belle maison. La maison de Lierre a été acquise en 1291.

[modifier] Collège de Villers à Louvain

L'abbaye est présente à Louvain dans le quartier de la Vaartstraat depuis la fin du XIIIème siècle. François Calaber (1459-1487), originaire de Louvain, fait refaire l'hospice existant là. Plusieurs abbés et moines étudieront à Louvain dont Gérard Van Rotselaer alias de Leuven (1433-1446) et Jean Regnault (1503-1524).

Une pierre dans l'aile nord du collège, témoigne encore d'une rénovation de l'hospice en 1637 par l'abbé Henri Van der Heyden (1620-1647).

L'hospice de Louvain fut transformé en Collège de Villers de l'université de Louvain[11], Collegium Villariense, en 1660 par l'abbé Bernard Van der Hecken (1653-1666) avec la collaboration de Paul Chifflet, moine à Villers et ancien étudiant en théologie de Louvain.

Le premier président du colège fut Servatius Gillet, précédemment maître des novices à Villers. Le collège fut incorporé à la structure universitaire, en même temps que le collège d'Aulne, en 1662. Le bâtiment actuel fut construit entre 1757 et 1764 sous les abbés Martin Staigner (1742-1759) et Daniel Daix (1759-1764) par un architecte inconnu.

L'ancien collège de Villers sera vendu durant la révolution française à des privés (notamment un marchand de drap Jan Baptist Staes. En 1824, un incendie abîme légèrement le bâtiment. Fin du XIXème siècle, l'Université de Louvain récupère le bâtiment pour son département de botanique. Avec le professeur Jean-Baptiste Carnoy il devient un centre de recherche et laboratoire de pointe dans le domaine de la biologie, cytologie, bactériologie, etc... Une première restauration à lieu en 1961. Il a été racheté par la Régie des bâtiments en 1990, rénové entre 1991 et 2001 et abrite aujourd'hui les archives de l'état ainsi que certains département de la justice de paix de Leuven.

[modifier] Hospice de Bruxelles

A Bruxelles, non loin du boulevard de l'Empereur, il y a une rue de Villers et une Tour de Villers. Cette pauvre rue, à angle droit, que l'on nommait avant 1851 Cattestraet (rue des Chats et officiellement rue du Chat Noir), n'était primitivement qu'une grande impasse, partant de la rue du Chêne et arrêtée par le rempart. Elle est déjà mentionnée au XIIIème siècle. Ce n'est qu'en 1771 qu'elle fut prolongée par un coude jusqu'à la rue de Bavière (devenue rue de Dinant en 1919). Au XVIIIème siècle, le peuple prit l'habitude de dire rue de Villers au lieu de rue des Chats, à cause de l'hospice que l'abbaye de Villers-la-Ville avait fait construire dans cette rue. Mais cette appellation ne devint officielle qu'en 1851.

L'hospice ou refuge aurait été construit sous l'abbé Nicolas de Geest (1303-1308).

L'hospice fut rebâtit par l'abbé Pinchart après l'incendie de Bruxelles de 1695 suite aux bombardements des troupes de Louis XIV.

[modifier] Refuge à Namur

C'est l'abbé Staignier qui acheta cette maison en 1749 contre l'avis des moines.

[modifier] Notes

  1. Un peu plus de 11 hectares
  2. Il s'agit sans doute de la ferme dans laquelle les moines ont logé avant leur installation à la Boverie. Les paysans auraient été impressionnés par les saints hommes et leur auraient offert ces terres. C'est la ferme Gémioncourt, aujourd'hui au carrefour de la N5 et de la N93, au lieu dit Quatre-Bras, célèbre pour sa bataille du 16 juin 1814 entre les troupes de Wellington et du Maréchal Ney.
  3. Hubeaumont ? Une ferme située entre Nivelles et Seneffe.
  4. 100/200 hectares
  5. Il s'agit notamment de la Ferme Noël (anciennement ferme De Villers) à Vieusart.
  6. Sart-Risbart
  7. Mellemont à Thorembais.
  8. Près de Chimay.
  9. A Wierde, près de Namur.
  10. A la limite de Chastre et de Marbais.
  11. L'université était alors un conglomérat de collèges et pédagogies, établissements d'enseignement ayant chacun leur organisation propre, leur vie propre et leur histoire. C'étaient les lieux concrets où se déroulait l'étude et la formation universitaire. Les étudiants, tout comme de nos jours à Oxford, y étaient logés, et y profitaient d'un « tutorat » et d'un suivi pédagogique. Les collèges portent le nom de celui (ancien, professeur ou corporation) qui a mis sa maison à la disposition des étudiants.



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